NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.

«Düben, le 12 octobre 1813, quatre heures du matin.

«Mon cousin, choisissez une position d'où vous puissiez couvrir à la

fois Düben, Jesnitz et Leipzig. Vous pourriez peut-être vous couvrir de

la branche de la Mulde qui passe à Delitzsch, si toutefois elle n'est

pas guéable. Alors vous vous trouveriez en communication avec le duc de

Reggio qui a une avant-garde à Raguhn et à Jesnitz; vous couvririez

parfaitement Düben, dont vous pourriez vous placer à trois lieues, et

vous seriez à portée de vous rendre, en une petite marche, sur Leipzig,

et surtout de tomber sur le flanc du corps qui voudrait marcher de Halle

sur cette ville.--Votre corps, baraqué ainsi dans une position

avantageuse, serait d'un très-heureux résultat. Il ferait le

prolongement de la ligne de Dessau, par Jesnitz, jusqu'à Borna où se

trouve le roi de Naples. Vous couvrirez par ce moyen Eulenbourg, et le

général Lefebvre-Desnouettes pourra se porter en avant pour éclairer

votre gauche.--En cas de nécessité, la garde déboucherait sur vous par

Düben et Eulenbourg.--Il faudra placer des avant-gardes de cavalerie,

infanterie et artillerie sur les routes de Halle, Cöthen et

Leipzig.--Aussitôt que vous aurez choisi votre position et que votre

corps sera en mouvement pour s'y rendre, vous vous mettrez en

correspondance avec le duc de Padoue à Leipzig, avec lequel votre

correspondance doit être très-sûre et très-rapide.

«NAPOLÉON.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (5/9) · 第 141 / 167 题