«Schleesen, le 28 septembre 1813, cinq heures du matin.
«Mon cher maréchal, j'ai poussé l'ennemi le 26 et le 27 jusque près de
Dessau; il a brûlé ses ponts sur la Mulde et passé l'Elbe. Je ferai, ce
matin, la même opération qu'à Wartenbourg, resserrant l'ennemi dans sa
tête de pont par les deux rives de la Mulde et la gauche de l'Elbe; mais
il est probable qu'il ne laissera personne sur cette rive et qu'il
repliera son pont. On a distingué hier un grand mouvement dans l'armée
ennemie, vers Roslau, et on a remarqué une colonne marchant sur Zerbst,
où est le quartier général du prince royal de Suède, et une autre se
dirigeant sur Koswig.
«Il paraît que l'ennemi a fait une ligne de circonvallation à sept cent
toises de Wittenberg, et qu'il prépare des batteries pour repousser nos
colonnes si elles débouchaient par cette place. Le bombardement a
continué cette nuit. J'envoie ce matin le général du génie Blein à
Wittenberg pour reconnaître la tranchée ennemie. On pense que c'est
Bulow qui est chargé de ce siége, et que Tauenzien est en observation
vers l'Elster. Les corps suédois et russes sont vers Koswig et Zerbst.
Les Suédois, en quittant Dessau, ont dit qu'ils repassaient l'Elbe,
parce que l'Autriche avait fait une paix séparée avec l'empereur
Napoléon.
«Je compte établir le général Dabrowski à Acken afin de l'employer à
chasser tous les partis ennemis qui peuvent se trouver entre la Saale et
la Mulde, et de rétablir insensiblement nos communications avec
Magdebourg.
«Je pars pour Dessau.
«Maréchal prince DE LA MOSKOWA.»
«_P. S._ Le général Bertrand est avec ses principales forces à Kemberg.
Une de ses divisions est ici et l'autre en arrière de Schmiedeberg et
Pretsch. Le général Régnier reste à Oranienbaum. La première brigade du
général Guilleminot, avec la cavalerie légère, resserrera l'ennemi dans
sa tête de pont de Roslau.»