«Lubestadt, le 10 septembre 1813, neuf heures du matin.
«Monsieur le duc de Raguse, l'intention de l'Empereur est que vous
restiez à Dresde, et que vous avez l'oeil sur tout ce qui se passe.
«La position de l'armée est aujourd'hui ainsi qu'il suit:
«Le prince de la Moskowa et les trois corps qui ont essuyé un échec,
dans la journée du 6, se rallient à Torgau;
«Le duc de Tarente vient prendre position avec son armée aujourd'hui 10,
en avant de Bautzen. Le prince Poniatowski garde la droite; cette
retraite n'était pas nécessitée, elle a été ordonnée par l'Empereur pour
concentrer nos forces;
«Le général Lhéritier est à Grossenhayn en observation;
«Le sixième corps est à Dresde avec la brigade Piré;
«Le général Margaron, avec un corps de huit à dix mille hommes,
cavalerie, infanterie et artillerie, est à Leipzig;
«Le maréchal Saint-Cyr, soutenu par les premier et deuxième corps,
marche sur les hauteurs de Toeplitz;
«Une division de la jeune garde est à Dresde;
«Le duc de Trévise, avec les autres divisions, est à Pirna, occupant
Gieshübel.
«Les corps russes et prussiens, et quelques Autrichiens qui occupaient
Borna, Gieshübel et Altenbourg, se sont mis successivement en retraite
dans la journée d'hier.
«Dans cette situation des choses, il est probable que ce mouvement
offensif en Bohême rappellera les corps que l'ennemi avait jetés sur
Freyberg et Zwickau, si tant est que l'ennemi ait jeté des corps dans
cette direction. Si l'ennemi n'a jeté que des partis, il est possible
qu'il les laisse, mais alors, monsieur le maréchal, vous pouvez faire
faire de fortes patrouilles sur Freyberg pour les poursuivre.
«Il est nécessaire, monsieur le duc, que vous receviez la correspondance
du général Lhéritier, que vous le souteniez s'il est nécessaire; il faut
aussi que vous vous mettiez en correspondance avec le prince de la
Moskowa, le duc de Tarente et le prince Poniatowski.
«Il est possible que l'Empereur soit de retour dans la journée de demain
à Dresde; Sa Majesté peut dans un jour réunir toute sa garde et le corps
du général Latour-Maubourg à votre corps d'armée. Il est possible aussi
que, si l'Empereur trouve quelque mal à faire à l'ennemi, il reste
encore éloigné de Dresde pendant quelques jours.
«Le prince vice-connétable, major général,
«ALEXANDRE.»