«Löwenberg, le 22 août 1813, une heure et demie.
«J'ai reçu vos deux lettres. Voici où nous en sommes:
«Le duc de Tarente, avec les cinquième et onzième corps et la division
de cavalerie du général Chastel, poursuit l'ennemi dans la direction de
Goldsberg et Schonau.
«Le prince de la Moskowa poursuit également l'ennemi sur Haynau.
«Les renseignements que nous avons tirés des prisonniers et recueillis
dans le pays portent à croire que l'armée ennemie, en Silésie, est
composée de trois corps:
«Celui du général Langeron, composé de cinq divisions, ce qui forme à
peu près trente mille hommes;
«Le corps de Sacken, composé de trois divisions, ou environ seize mille
hommes;--enfin un corps prussien, commandé par les généraux Blücher et
York, de vingt-cinq à trente mille hommes.
«L'Empereur ne suppose donc pas que l'ennemi ait plus de quatre-vingt
mille hommes en Silésie.
«Le troisième corps, aux ordres du prince de la Moskowa, est fort
d'environ trente-cinq mille hommes; le cinquième et le onzième, de
cinquante mille. Avec la cavalerie, l'artillerie, etc., cela forme un
corps de près de cent mille hommes, force qui paraît suffisante contre
l'armée ennemie qui est en Silésie.
«L'Empereur laisse donc reposer aujourd'hui sa garde et votre corps
d'armée, pour pouvoir, s'il y a lieu, les porter sur un autre point.
«L'intention de Sa Majesté est que vous fassiez faire de suite assez de
ponts sur le Bober pour pouvoir repasser promptement et sans aucun
embarras cette rivière si l'Empereur voulait vous reporter sur une
autre direction. Soyez donc prêt à vous mettre en marche sur telle
direction qu'on pourrait vous donner. Si vous avez des renseignements de
l'ennemi, faites-les-moi connaître.
«Le prince vice-connétable, major général,
«ALEXANDRE.»