LE MARÉCHAL MARMONT AU DUC DE VALMY

«Mayence, le 30 mars 1813.

«Permettez-moi de vous rappeler diverses demandes que j'ai eu l'honneur

de vous faire verbalement, et auxquelles vous avez bien voulu me

promettre de faire droit.

«Vous avez bien voulu me promettre de faire incorporer dans le 37e

régiment les premiers officiers qui arriveraient de France, au moins

jusqu'à concurrence d'un par compagnie. Je vous demande instamment,

aussitôt que les deux premiers bataillons de ce régiment auront reçu

leur habillement, de les faire partir de Mayence et de Castel pour

Fridberg, afin que le général Bonnet puisse avoir ce corps sous les yeux

et s'occuper de son instruction. Vous avez bien voulu me promettre de le

faire remplacer à Mayence et à Castel par les troisième et quatrième

bataillons que commandera alors le major, et qui rejoindront les

premiers aussitôt qu'ils auront reçu officiers et habillements.

«Je vous demande, mon cher maréchal, de placer dans Mayence, aussitôt

que vous le croirez possible, le fond de la quatrième division, et de

porter, lorsque les troupes de la première division l'auront laissé

libre, son quartier général à Hoescht, afin que, sortie de Mayence, elle

puisse mieux se former.

«Je vous rappelle la promesse que vous avez bien voulu me faire de faire

changer tout l'armement des régiments de marine. Les régiments ont ordre

de dresser leurs états de demande, et ils réclameront près de Votre

Excellence, dans le cas où l'artillerie ferait des difficultés, pour les

satisfaire et leur fournir les moyens de transport qu'il leur faudra.

«La première division est à Hoescht, la deuxième à Friedberg, la

troisième à Hanau. Je vous demande de faire donner l'ordre que, quand il

arrivera des détachements pour ces divisions, on les dirige sur ces

différents points. Lorsque les circonstances me les feront changer,

j'aurai l'honneur de vous en informer.

«Enfin, mon cher maréchal, lorsqu'il y aura de la cavalerie désignée

pour moi, je vous prie d'en hâter la marche autant que possible, attendu

que, n'en ayant pas un seul homme, je n'ai aucun moyen de communication

entre mes divisions.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (5/9) · 第 5 / 167 题