Masque tragique d'un très-beau caractère.
Fig. IV (_ibid. pag. 63, 278_).
Un victimaire avec un sanglier. Cet animal est bien caractérisé par le
poil hérissé qui borde l'épine du dos, et par les défenses. La large
bande dont il est ceint est la parure du sacrifice. On désignait par ce
nom de victimaire les servans du sacerdoce, qui conduisaient et tuaient
les victimes; ils étaient nommés encore plus particulièrement _pop_. On
les retrouve dans la colonne Trajane parfaitement semblables au nôtre,
nus jusqu'à la ceinture, avec une espèce de tablier, proprement dit
_limus_. Ce bronze est très-curieux en ce qu'il représente un sanglier
doux et privé. Il n'est point difficile, dit Varron (_de Re. R. III,
13_) de les apprivoiser et de les engraisser en les tenant dans une
garenne. On immolait le sanglier à Jupiter quand on faisait devant lui
un serment solennel; c'est le sacrifice que fit Agamemnon en jurant
qu'il n'avait point touché à Briséis; c'est celui qui était en usage
pour le serment des juges aux jeux olympiques. On sacrifiait aussi
le sanglier à Hercule, comme on le voit dans un monument publié par
Muratori (_LXII, 9_). La couronne que porte le victimaire pourrait
servir à faire connaître la divinité à qui est offert le sacrifice,
si cette couronne était plus distincte; on sait que les couronnes
des sacrificateurs se faisaient avec les feuillages ou les plantes
consacrées à la divinité qu'on célébrait; mais le bronze ne laisse pas
distinguer à quel arbre appartiennent les feuilles.