Cannes, 15 mars 1869.
Mon cher Panizzi,
Les journaux m'ont tué plusieurs fois. M. Guizot a annoncé ma mort à
l'Académie et fait mon oraison funèbre. Il ne paraît pas que cela soit
très malsain, car je ne m'en porte pas plus mal.
Il paraît que vous avez un temps déplorable. Il en est de même pour
nous. Je viens de lire qu'il neigeait en Calabre. La machine du monde
est détraquée évidemment.
Je reçois des nouvelles d'Espagne. On attend tous les jours des coups de
fusil. Ordinairement ils ne se tirent qu'au printemps. L'hiver à Madrid
est trop froid et l'été trop chaud pour qu'on se livre à cet amusement.
Je ne doute pas que le duc de Montpensier ne soit élu, lorsqu'il aura
dépensé tout son argent, et, bientôt après, chassé, sinon fusillé.
Adieu, mon cher ami. Que vient faire Nigra à Florence?