LA NUIT D'AVRIL 1915

_À L. de C.--C._

Le ciel est étoilé par les obus des Boches

La forêt merveilleuse où je vis donne un bal

La mitrailleuse joue un air à triples-croches

Mais avez-vous le mot

Eh! oui le mot fatal

Aux créneaux Aux créneaux Laissez là les pioches

Comme un astre éperdu qui cherche ses saisons

Cœur obus éclaté tu sifflais ta romance

Et tes mille soleils ont vidé les caissons

Que les dieux de mes yeux remplissent en silence

Calligrammes: Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916) · 第 64 / 155 题