Les gens de Basmanof et les brigands entourèrent Sérébrany.
Les Tatars étaient battus à plate couture; un grand nombre se constitua
prisonnier, d'autres s'enfuirent. On creusa une tombe pour Maxime et on
l'y descendit avec honneur. Pendant ce temps, Basmanof avait ordonné de
dresser sur le bord de la rivière sa tente persane, et son échanson, qui
cumulait cette charge avec celle d'officier dans la petite armée,
prévint Sérébrany que le boyard le saluait et le priait de ne pas
mépriser un dîner de campagne.
Étendu sur des coussins de soie, déjà peigné et parfumé, Basmanof se
mirait dans un miroir que tenait devant lui un écuyer agenouillé.
Basmanof présentait un étrange mélange de ruse, de dépravation, de
mollesse, d'insouciante témérité et, à travers cela, on distinguait la
malveillance que tout opritchnik professait pour le monde entier.
Présumant que Sérébrany devait le mépriser, il méditait, tout en
exerçant les devoirs de l'hospitalité, le moyen de répondre à ce mépris.
Ainsi, lorsque Sérébrany entra, Basmanof l'accueillit avec une inflexion
de tête mais sans bouger.
--Tu es blessé, Féodor Alexiévitch? lui demanda ingénuement Sérébrany.
--Non, je ne suis pas blessé, répondit Basmanof qui prit ces paroles
pour une ironie et résolut aussitôt d'y répliquer par une impertinence,
je suis seulement un peu las et on dirait que j'ai attrapé un coup de
soleil. Qu'en penses-tu, prince, ajouta-t-il en se mirant et en
rattachant ses boucles d'oreilles en perles, ce hâle passera-t-il
bientôt?
Sérébrany ne savait que répondre.
--C'est dommage, continua Basmanof, je n'aurai pas le temps de prendre
aujourd'hui un bain; car il y a encore trente verstes jusque chez moi,
mais demain je te recevrai mieux qu'en ce moment, tu verras comme je
suis bien établi.
Basmanof débita cela en grasseyant prodigieusement.
--Merci, boyard, je suis pressé de rentrer à la Sloboda, répondit
sèchement Sérébrany.
--A la Sloboda? mais ne t'es-tu pas échappé de prison?
--Je ne me suis pas échappé, Féodor Alexiévitch, on m'en a tiré contre
mon gré. Ayant donné ma parole au Tzar, je ne serais jamais sorti et
maintenant je me remets à sa disposition.
--Tu veux donc te faire pendre? si c'est ton idée, je ne saurais t'en
empêcher, mais, quant à moi, je ne sais trop s'il faut y retourner.
--Et pourquoi?
--Parce que, s'écria Basmanof avec un mécontentement qui ne tendait
peut-être qu'à gagner la confiance de Sérébrany, on a beau servir le
Tzar de toutes ses forces, se donner à lui corps et âme, on est
supplanté par je ne sais quel Godounof.
--Mais toi, tu es en faveur auprès du Tzar?
--En faveur! Jusqu'à présent il ne veut même pas me faire okolnitchi, ce
n'est cependant pas faute de ramper à ses pieds! Il n'y a pas de danger
que Godounof se donne autant de mal. Il sait bien ménager tous les
partis. Hé! Boris, va dans la chambre de la question interroger un
boyard.--J'y vais, sire, je suis seulement peu expert dans ces sortes de
choses, s'il te plaisait d'ordonner à Maliouta de m'accompagner?--Hé!
Boris, tu vois ce boyard qui boit peu, porte-lui du vin, tu me
comprends?--Je comprends, sire, mais il m'a en défiance, tu ferais mieux
de charger de ce soin Basmanof.--Et Basmanof ne refuse jamais, il va
partout où on l'envoie. Sur un signe du Tzar, j'empoisonnerais mon
propre frère sans en demander le motif. Te rappelles-tu la coupe que je
t'apportais de la part d'Ivan Vasiliévitch? Je te jure que j'étais
convaincu qu'elle était empoisonnée.
Sérébrany sourit.
--Trouvera-t-il jamais, continua Basmanof avec un accent cynique, un
serviteur plus beau que moi? Dis, as-tu vu de plus beaux sourcils que
les miens? n'est-ce pas du castor? Et mes cheveux! palpe-les, prince,
c'est de la vraie soie.
Le dégoût se peignit sur le visage de Sérébrany. Basmanof continua comme
s'il tenait à agacer son hôte.
--Et mes mains! vois, en quoi sont-elles moins délicates que celles
d'une jeune fille? je les ai un peu gâtées aujourd'hui, mais telle est
mon habitude, je ne sais me modérer en rien.
--En effet, tu ne sais guère te modérer, dit Sérébrany ne pouvant plus
contenir son indignation, si tout ce que l'on dit sur toi est vrai...
--Et que dit-on? interrompit Basmanof en clignant de l'oeil.
--Ce que tu en dis toi-même est déjà suffisant; on dit, par exemple, que
tu danses devant le Tzar en habits de femme.
Le rouge monta à la figure de Basmanof, mais il recourut à son cynisme
habituel.
--Et si, en effet, c'était vrai? dit-il en prenant un air insouciant.
--Dans ce cas, adieu, dit Sérébrany, j'aurais honte non-seulement de
dîner avec toi, mais de te regarder.
--Ah! s'écria Basmanof, et sa feinte insouciance disparut, et ses yeux
étincelèrent et il oublia de grasseyer, ah! tu l'as dit enfin! Je sais
ce que vous pensez tous de moi, mais je me moque de vous tous tant que
vous êtes.
Sérébrany fronça les sourcils, sa main se porta instinctivement à la
poignée de son sabre, mais il se souvint avec qui il avait affaire et se
borna à lever les épaules.
--Qu'as-tu à saisir ton sabre? continua Basmanof. Tu ne m'effraieras pas
avec cela. Si je prends aussi mon sabre, il n'est pas dit qui aura le
dessus.
--Adieu, dit Sérébrany, et il leva le rideau de la tente pour sortir.
--Écoute, s'écria Basmanof, en le retenant par son caftan, si un autre
que toi m'avait ainsi regardé, je te jure que je ne le lui aurais pas
permis, mais avec toi je ne veux pas me disputer; tu sabres trop bien
les Tatars.
--Mais toi aussi, dit Sérébrany avec bonté en s'arrêtant et en se
souvenant comme Basmanof venait de se battre, tu ne les sabres pas mal
également. Pourquoi fais-tu des grimaces comme si tu étais une femme?
La figure de Basmanof reprit son insouciance.
--Ne te fâche pas, prince. Je n'ai pas toujours été ainsi; à la Sloboda,
tu le sais, on apprend bon gré mal gré bien des choses.
--C'est un péché, Féodor Alexiévitch. Lorsque tu es à cheval, le sabre
au poing, le coeur en est tout réjoui. Il y avait plaisir à voir ta
bravoure de ce matin. Renonce à tes coutumes efféminées, coupe tes
cheveux comme Dieu le veut. Va faire pénitence à Kief ou à Solovetz et
rentre en chrétien à Moscou.
--Eh bien! ne te fâche pas, Nikita Romanovitch. Asseois-toi là et dînons
ensemble; je ne suis pas un chien, il y en a de pires que moi, tout ce
qu'on raconte sur moi n'est pas vrai: il ne faut pas croire à tout
bruit. Moi-même je me fais par dépit plus mauvais que je ne le suis.
Sérébrany se réjouit de pouvoir interpréter d'une manière plus favorable
la conduite de Basmanof.
--Ainsi ce n'est pas vrai, s'empressa-t-il de demander, que tu as dansé
en jupons?
--Ces jupons te scandalisent donc bien? Est-ce que je m'en affuble pour
mon plaisir? Tu ne connais donc pas le Tzar? Je ne suis pas un saint et
cependant je suis obligé de jeûner, de ne pas manquer un office, de
toucher mon front aux dalles jusqu'à en avoir des bosses. Si tu avais
été obligé de te promener des semaines entières en surplis, rien que
pour changer tu t'accoutrerais volontiers en femme.
--J'aurais plutôt mis ma tête sur le billot, s'écria Sérébrany.
--Vraiment! dit ironiquement Basmanof et, après avoir jeté un méchant
regard sur le prince, il reprit sa conversation sur le ton de la
confiance. Penses-tu que cela m'amuse de m'entendre appeler, grâce au
Tzar, Féodora au lieu de Féodor? Quel profit est-ce que j'en retire?
L'autre jour je traversai Dorogomilof, des paysans me montrèrent au
doigt en disant: voilà la Féodora du Tzar qui passe! Je me précipitai
sur eux; ils s'enfuirent. Je vais m'en plaindre au Tzar:--Qui est-ce qui
t'a insulté, me dit-il?--Mais si je le savais, lui répondis-je, je ne
serais pas venu vous importuner; je l'aurais égorgé de mes propres
mains.--Prends alors quarante zibelines dans mon vestiaire et fais-toi
une douillette.--Qu'en ai-je besoin? il n'y a pas de danger que tu
offres une douillette à Godounof et en quoi suis-je moins que lui?--Mais
que veux-tu, Féodora, que je t'octroie?--Nomme-moi okolnitchi pour qu'on
ne m'insulte plus.--Non, me répondit-il, tu ne peux pas être okolnitchi;
tu ne sers qu'à me distraire et Godounof à me conseiller; à toi
l'argent, à lui les honneurs. Pour ce qui est des paysans de
Dorogomilof, je vais les faire tous inscrire dans mes apanages.--Voilà
comment les choses se passent. Nous ne nous amusons guère depuis que
nous avons quitté Moscou pour nous enfermer dans la Sloboda. On ne fait
qu'y jeûner et chanter des litanies. Cela m'a tellement ennuyé que j'ai
demandé à aller chez moi, mais là aussi je m'ennuie. On ne peut pas
toujours courir le lièvre, aussi ai-je été bien heureux quand j'ai
appris l'approche des Tatars. Il faut avouer que nous les avons bien
rossés; nous allons aussi avoir bien des prisonniers à amener à Moscou.
Tiens, je n'y pensais plus à ces prisonniers. Tires-tu de l'arc, prince?
--Eh bien?
--Eh bien! parce qu'après dîner nous ferons attacher un Tatar à cent pas
et nous verrons qui l'atteindra le premier au coeur; les autres coups ne
compteront pas. Lorsqu'il sera crevé, nous en ferons lier un autre.
La physionomie ouverte de Sérébrany s'assombrit.
--Non, dit-il, je ne tire pas sur des gens liés.
--Eh bien! nous le ferons courir et nous verrons qui l'attrapera le
premier.
--Je ne le ferai pas et saurai t'en empêcher, nous ne sommes plus ici,
grâce à Dieu, à la Sloboda d'Alexandrof.
--Tu m'en empêcheras! s'écria Basmanof, et ses yeux s'enflammèrent de
nouveau; mais il n'entrait sans doute pas dans son plan de se brouiller
avec le prince et, changeant subitement de ton, il reprit gaiement: Eh!
prince, ne vois-tu pas que je veux badiner. C'est comme l'histoire des
jupons; voilà une demi-heure que je plaisante et tu prends tout au
sérieux. La vie de la Sloboda m'est plus insupportable qu'à toi-même.
Penses-tu que je puisse m'entendre avec des monstres comme Griazny,
comme Viazemski ou comme Maliouta? Par le Christ, ils me font l'effet
d'une taie sur l'oeil. Écoute, prince, continua-t-il d'un ton insinuant,
laisse-moi revenir le premier à la Sloboda, j'obtiendrai ta grâce du
Tzar et, lorsque tu seras rentré en faveur auprès de lui, tu ne
m'oublieras pas à ton tour. Il suffit de lui chuchoter quelque chose
contre Viazemski, puis contre Maliouta et tous les autres; tu verras que
nous parviendrons à avoir seuls son oreille. Je sais ce qu'il faut lui
dire sur chacun d'eux, seulement il vaut mieux que cela lui revienne par
une voie détournée. Je t'apprendrai comment il faut s'y prendre et tu
m'en remercieras.
Sérébrany se sentit mal à l'aise. La bravoure dont Basmanof avait fait
preuve, les regrets qu'il avait semblé témoigner de sa honteuse position
avaient disposé Sérébrany à l'indulgence. Il était sur le point de
croire que réellement il n'avait fait que plaisanter, qu'il s'était fait
plus noir qu'il n'était; mais la dernière proposition, évidemment
sérieuse, réveilla dans Sérébrany ses premiers dégoûts.
--Eh bien! dit Basmanof en le dévisageant impudemment, cela va-t-il, la
faveur du Tzar à moitié? Pourquoi te tais-tu, prince? Est-ce que tu
douterais de moi?
--Féodor Alexiévitch, dit Sérébrany essayant de contenir son indignation
et de ne pas manquer d'égards à son hôte, ce que tu imagines-là, comment
te dirai-je? c'est...
--C'est? demanda Basmanof.
--C'est une infamie! dit Sérébrany en tâchant d'adoucir sa voix pour
atténuer la force de l'expression.
--Une infamie, répéta Basmanof en couvrant sa rage sous le masque de la
surprise. Mais tu oublies donc de qui je t'ai parlé... Serais-tu du
parti de Viazemski ou de Maliouta?
--Que la foudre du ciel les écrase eux et tous les opritchniks! Que le
Tzar me permette de lui parler ouvertement, en leur présence, je dirai
tout ce que je pense et tout ce que je sais, mais jamais je ne ferai de
délations dans le genre de celles que tu m'indiques, Féodor Alexiévitch.
Un regard venimeux éclaira les paupières de Basmanof.
--Ainsi tu ne veux pas partager ensemble la faveur du Tzar?
--Non, répondit Sérébrany.
--Oh! pauvre orphelin que je suis, se mit à geindre Basmanof, comme s'il
allait fondre en larmes. Depuis que le Tzar ne m'aime plus, c'est à qui
m'insultera. Personne ne me caresse, tout le monde me méprise. O! la
triste existence! un chien est moins malheureux. J'attacherai ma
ceinture à une traverse, je passerai ma tête dans le noeud coulant.
Sérébrany considérait avec étonnement Basmanof qui continuait à gémir et
à se tordre comme une vieille femme à un enterrement, mais par moment il
regardait à la dérobée le prince pour surprendre ses impressions.
--Ouf! dit enfin Sérébrany, et il voulut sortir, mais Basmanof l'arrêta
encore par le pan de son habit.
--Hé, cria-t-il, les chanteurs!
Plusieurs hommes entrèrent qui n'attendaient apparemment qu'un signe et
barrèrent le passage à Sérébrany.
--Frères, leur dit Basmanof avec sa voix dolente, chantez-nous une
chanson, mais une chanson si mélancolique que l'âme en soit brisée et se
sépare du corps.
Les chanteurs entonnèrent une complainte lugubre, semblable à celles
avec lesquelles on accompagne les morts. Basmanof ne cessait pas de se
tordre et disait: chantez d'une manière encore plus traînante, comme si
vous mettiez en terre votre maître. C'est cela.--Mais pourquoi mon âme
ne veut-elle pas quitter son enveloppe? Mon heure ne serait-elle pas
encore venue? Est-il écrit que je doive encore me traîner ici-bas? S'il
faut vivre, eh bien, vivons! s'écria-t-il tout-à-coup et les chanteurs,
accoutumés sans doute à ces transitions, attaquèrent un chant de danse.
--Vivement, criait Basmanof et, prenant deux coupes d'argent, il se mit
à battre avec elles la mesure. Plus vite, mes faucons, plus vite,
enfants du diable, je vous apprendrai, brigands!...
Ce n'était plus le même homme. Rien de féminin ne restait plus sur son
visage. Sérébrany reconnut le vaillant gaillard qui se jetait, le matin,
dans le plus fort de la mêlée et chassait devant lui une foule de
Tatars.
--Je te préfère ainsi, dit-il en faisant un signe de tête approbatif.
Basmanof le regarda avec un air joyeux. Tu recommences à me croire; tu
auras pris mes gémissements au sérieux. Il n'est pas difficile, Nikita
Romanovitch, de te mettre dedans. Buvons donc maintenant à notre
rencontre. Si nous vivons ensemble, tu verras que je ne suis pas tel que
tu le pensais.
Cette folle et insouciante gaieté gagna le prince; il prit la coupe des
mains de Basmanof.
--Qui peut te deviner, Féodor Alexiévitch? je n'en ai jamais vu de
pareil. Il se peut, en effet, que tu sois meilleur que tu n'en as l'air.
Je ne sais que penser de toi, mais, Dieu nous ayant réunis sur le même
champ de bataille, je bois à ta santé.
Et il vida la coupe jusqu'à la dernière goutte.
--C'est cela, prince. Dieu voit que je te suis attaché. Encore une coupe
à la destruction de tous les Tatars qui sont restés en Russie.
Sérébrany avait une tête solide, mais après cette seconde coupe, ses
pensées commencèrent à se troubler. Le vin était-il plus enivrant qu'à
l'ordinaire, Basmanof y avait-il jeté quelque chose? Toujours est-il que
Sérébrany sentit sa tête tourner et qu'il n'eut plus qu'une idée vague
de ce qui se passait autour de lui. Lorsqu'il revint à lui, la chanson
continuait toujours; mais, au lieu de se trouver debout, il était étendu
sur des coussins et Basmanof, aidé de son écuyer, s'efforçait de lui
passer une robe de femme.
--Mets ton manteau, boyard, disait-il, il commence à faire frais.
Les chanteurs reprenaient haleine un moment.
Les yeux de Sérébrany étaient encore voilés et ses idées confuses; il
allait se vêtir de la robe, la prenant pour son manteau, lorsqu'au
milieu de ce silence momentané retentit un lugubre hurlement.
--Qu'est-ce? demanda Basmanof avec colère.
--C'est un chien qui hurle sur la tombe de Skouratof, répondit l'écuyer
après avoir regardé au dehors.
--Donne-moi mon arc et une flèche, je lui apprendrai à hurler lorsque
nous nous amusons avec un hôte.
Mais, au nom de Skouratof, Sérébrany se dégrisa complétement.--Attends,
Féodor Alexiévitch, dit-il en se redressant, c'est le Bouian de Maxime,
ne le touche pas. Il m'appelle sur la tombe de mon frère d'adoption; je
me suis oublié ici, adieu, il est temps que je parte.
--Mets auparavant ton manteau, prince.
--Il n'est pas fait pour moi, dit Sérébrany en reconnaissant le costume
que lui tendait Basmanof, porte-le toi-même comme tu l'as porté
jusqu'ici.
Et, sans attendre de réponse, il cracha et sortit de la tente.
Des malédictions, des imprécations l'accompagnèrent. Sans y faire la
moindre attention, il s'approcha de la tombe de Maxime, s'y prosterna
et, suivi de Bouian, rejoignit les brigands qui avaient organisé, sous
le commandement de Persten, leur bivouac autour de feux pétillants.