CHAPITRE PREMIER

Rôle de certaines qualités secondaires dans la vie des peuples.

Des qualités inutilisables à certaines périodes de la civilisation

déterminent la prospérité d’un peuple quand de nouvelles conditions

d’existence permettent leur utilisation.

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Les supériorités littéraires, artistiques et intellectuelles furent dans

certaines civilisations, celles des anciens Grecs et des Italiens de la

Renaissance, par exemple, des éléments de grandeur. La patience, la

ténacité, l’obéissance aux règlements et autres qualités jadis tenues

pour médiocres constituent dans les civilisations à forme industrielle

des conditions de succès.

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L’âge moderne, avec sa technique compliquée et sa division du travail,

exige des qualités de patience, de vigilante attention, de minutie,

d’effort soutenu et de solidarité que des races individualistes à

intelligence vive ne pratiqueront jamais facilement.

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Le sentiment de la continuité est pour un peuple un élément de stabilité

très lent à acquérir et sans lequel il ne saurait, cependant, ni durer

ni grandir.

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La force des peuples modernes dépend de moins en moins de leurs

gouvernants. Elle se compose surtout d’une addition de millions de

petits efforts individuels. Un pays devient grand lorsque tous ses

citoyens travaillent à sa grandeur. Son déclin est rapide quand il

abandonne à l’État les initiatives et les responsabilités.

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Les succès d’un peuple sont dus aujourd’hui moins à la valeur de ses

gouvernants, ou même de ses élites, qu’à certaines qualités, secondaires

possédées par la majorité des citoyens.

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Les supériorités individuelles peuvent parfois se remplacer par de

modestes qualités collectives. Avec des poussières d’individualités

médiocres les Allemands ont su faire des agrégats très forts.

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La puissance d’un peuple exige des qualités communes à la grande

majorité de ce peuple. La supériorité des élites ne suffit pas à

déterminer sa grandeur.

Hier et demain · 第 45 / 79 题