La genèse psychologique des grands conflits.
Les causes immédiates d’une guerre n’ont qu’un intérêt secondaire. Il
faut plonger dans ses causes lointaines pour découvrir sa genèse.
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Les éléments rationnels jouent en général un rôle peu important dans
l’origine des conflits qui remplissent l’histoire.
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La raison se borne uniquement à servir les forces affectives, mystiques
ou collectives qui sont les vrais moteurs des grands conflits.
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Les sentiments les plus actifs dans la genèse des guerres sont
l’orgueil, l’ambition, la méfiance et la haine.
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La méfiance, plus encore que la haine, a été depuis cinquante ans le
sentiment dominant les relations entre peuples européens. Elle les a
conduits à des armements dont l’exagération rendait la guerre
inévitable.
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On peut ramener à un petit nombre de causes les grands conflits de
l’histoire: 1º _Causes biologiques_: telles les impulsions de la faim
qui déterminèrent jadis les invasions germaniques destructrices de la
civilisation romaine. 2º _Causes affectives_: telles la jalousie, la
haine, la cupidité et surtout l’ambition. Les guerres de Cent Ans et de
Sept Ans sont des guerres d’ambition. 3º _Causes mystiques_: telles les
influences supposées de puissances supérieures ordonnant aux fidèles de
conquérir le monde. Elles déterminent les invasions musulmanes, les
croisades, les guerres de religion, la guerre de Trente Ans, et la
guerre actuelle. 4º _Causes économiques_: telle la surproduction
industrielle suscitant des rivalités commerciales.
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La puissance militaire se met indifféremment au service des influences
biologiques, affectives, mystiques et économiques.
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Les dirigeants allemands réussirent à rendre la guerre populaire en lui
attribuant pour cause la nécessité de se prémunir contre l’invasion
russe redoutée depuis longtemps, puis contre le désir supposé de
revanche des Français, enfin contre la menaçante rivalité économique de
l’Angleterre. La crainte de l’invasion russe fut la principale cause
déterminante de l’adhésion unanime des Allemands. Seuls leurs chefs
connaissaient assez la désorganisation de la Russie pour savoir qu’elle
n’était pas redoutable.
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Il est bien rare que les peuples se battent avec acharnement pour des
intérêts purement matériels. Les plus grands peuples en conflit
aujourd’hui, les États-Unis notamment, combattent pour des principes.