Les ustensiles de cuisine émaillés ont joui longtemps d'une vogue
méritée, tant au point de vue propreté et commodité qu'à celui de
l'hygiène et du bon marché.
La crainte, d'ailleurs peu justifiée, de l'appendicite, soi-disant due à
de minuscules éclats d'émail détachés par la chaleur ou les chocs, a
failli, il y a quelques années, ruiner cette florissante industrie.
Sans prendre parti, au sujet de l'appendicite, pour ou contre les
ustensiles émaillés, on peut reconnaître la fragilité de leur émail et
en redouter les ennuis.
La batterie de cuisine dont nous entretenons nos lecteurs, dénommée
«Poterie en granit Saint-Dizier», a l'aspect et tous les avantages de la
fonte émaillée. Elle est brillante et se nettoie aussi facilement; elle
fait de très bonne cuisine, ainsi du reste que toute la batterie de
cuisine en fonte dont la supériorité à ce sujet n'est pas à démontrer.
Par contre, elle ne s'écaille pas sous l'action d'un choc ou d'un feu
violent. Elle conserve parfaitement les aliments et résiste aux acides.
Elle est légère, tout en ayant les épaisseurs voulues pour conserver la
chaleur pendant longtemps aux aliments.
Les inventeurs ont bien voulu nous décrire la principale partie de leur
méthode d'action en ne conservant secrète que la composition des oxydes
employés.
Les casseroles sont coulées dans des moules en sable avec des fontes
choisies spécialement. Aussitôt la coulée, elles sont convenablement
nettoyées et grattées extérieurement. Elles sont ensuite plongées dans
un acide énergique qui attaque les molécules tendres du métal et y
creuse une infinité de pores imperceptibles. Il se forme en plus sur le
métal un dépôt de matière décarburante. Ainsi préparées, les casseroles
sont introduites dans un four à haute température où se produit la
décarburation dont le but est de rendre la fonte beaucoup plus
résistante aux chocs. Les casseroles sont ensuite, deux fois de suite,
soumises encore à l'action du feu après avoir été chaque fois
recouvertes d'une poudre facilement fusible à ces hautes températures.
Cette poudre se vitrifie et pénètre dans les porosités creusées par
l'acide, elle s'allie au métal jusqu'à former avec lui un tout
parfaitement homogène, à tel point qu'on peut impunément ensuite mettre
une casserole vide sur un feu ardent et laisser rougir le fond: aucune
parcelle d'émail ne s'en détachera. Grâce à ce procédé si simple de
fabrication, les produits obtenus sont vendus fort bas, à des prix égaux
et même inférieurs à ceux de la poterie en fonte émaillée ordinaire.
On peut se procurer ces batteries de cuisine dans les bonnes
quincailleries, en ayant soin de désigner l'article que l'on demande
sous le nom: «Poterie en granit Saint-Dizier».
Pour tous renseignements, s'adresser à _MM. Hénon et Cie, 19, rue des
Forges-Saint-Charles, à Charleville (Ardennes)._
Note du transcripteur: Les suppléments mentionnés en titre ne nous ont
pas été fournis.