RECTIFICATION.

_A monsieur Amédée Pichot, directeur de la_ Revue Britannique.[76]

Monsieur,

J'ai lu, dans le dernier numéro de votre Revue, un article signé par

Mazzini, où cet écrivain raconte et juge à sa manière les événemens de

la révolution de l'Italie centrale en 1831.

M. Mazzini, en rendant compte de la capitulation d'Ancône conclue

entre le Gouvernement provisoire des Provinces-Unies et le cardinal

_Benvenuti_, dit: «Le 26 (mars), tous les ministres apposèrent leur

signature, à l'exception de _Pepoli_ seul, qui était absent. Je dis

_Pepoli_ seul, quoique je sache bien que le nom de _M. Mamiani_

ne figure pas parmi les autres; mais j'ai à ma disposition le

procès-verbal de la séance du 25, où est décrétée la capitulation,

dont le traité du 26 n'est que la ratification et où son nom se trouve

joint.»

Il y a dans ces lignes une erreur de fait qui me regarde, et que je

tiens à rectifier.

Lors de la capitulation d'Ancône, M. Pepoli n'était pas membre du

Gouvernement, et il résidait à Pesaro en qualité de préfet.

Le seul ministre qui n'a voulu ni adhérer à la capitulation, ni la

signer, c'est moi, ainsi que cela est bien reconnu par toutes les

personnes qui ont été témoins du fait.

Si j'ai apposé ma signature au procès-verbal de la séance, d'après

l'usage qu'on avait établi pour chaque réunion, tout le monde sait

qu'un tel acte n'a d'autre valeur que de constater la vérité des faits

qui y sont rapportés.

Ce même procès-verbal, dont parle M. Mazzini, dit que la résolution

d'entamer un traité de capitulation avec le cardinal Benvenuti _fut

prise à la majorité des voix_, et c'est précisément sur ces paroles

que M. Mazzini devait porter son attention, s'il est vrai que la pièce

authentique soit demeurée dans ses mains.

Mais il est plus facile de croire qu'il a été induit en erreur par une

brochure du général Armandi, publiée quelques mois après les événemens

de 1831, où il est dit que la capitulation du 26 mars fut décidée à

l'unanimité. Dans ce cas, M. Mazzini ignore que cette erreur de M.

Armandi a été avouée et rectifiée par lui-même, ainsi qu'on le voit par

le document dont vous trouverez la copie ci-dessous.

Votre politesse, Monsieur, et votre loyauté bien connue me font espérer

que vous voudrez bien porter à la connaissance de vos abonnés cette

rectification qui a pour moi beaucoup d'importance.

Agréez, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma considération

distinguée et de ma profonde estime.

De Paris, le 16 novembre 1839.

Scritti politici · 第 299 / 310 题