_A JEAN-LOUIS VAUDOYER_
_De votre observatoire d'artillerie, mon cher ami, vous m'avez, à
plusieurs reprises, affirmé que le journal qui vous apportait ces contes
était pour vous et pour certains de vos camarades une cause de détente
heureuse. D'autres lettres, reçues du front et de combattants que je
n'avais pas l'honneur de connaître, ont contribué avec les vôtres à me
laisser croire que notre vieille besogne littéraire, ingrate à accomplir
par le temps qui court, pouvait cependant n'être pas tout à fait vaine.
C'est ce qui me donne l'audace, en un moment pareil, de réunir ces
feuilles disparates, certaines écrites avant la guerre, les autres
inspirées par ses lointains échos, quelques-unes volontairement
étrangères à ce grand sujet, afin de procurer aux pauvres hommes, durant
cinq minutes, l'illusion qu'il en existe encore un autre.