BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE

_Histoire de la zoologie depuis les temps les plus reculés jusqu'à vos

jours,_ par M. Ferdinand Hoefer (Hachette, éditeur).--L'auteur a divisé

son ouvrage en trois livres, subdivisés chacun en un certain nombre de

chapitres. Le premier traite de la zoologie dans l'antiquité, où

au-dessus de tous les auteurs qui se sont occupes d'histoire naturelle,

mêlant à quelques notions vraies des fables sans nombre, brille

Aristote, ce créateur de l'anatomie comparée qui n'a eu en ces temps

éloignés ni maîtres ni successeurs. Le livre II est consacré au moyen

âge, période durant laquelle il a été ajouté fort peu de chose au fonds

commun de la science, transmis par les Grecs et les Romains. Le nom le

plus marquant de cette époque est celui d'Albert le Grand, évêque de

Ratisbonne, qui a mérité le litre de Buffon du XIIIe siècle pour son

_Traité des animaux._ A cette partie de l'ouvrage de M. Hoefer se

rattache un très-curieux chapitre intitulé _les Bestiaires_, Volucraires

et Lapidaires, qui étaient des traités sur les Quadrupèdes, les Oiseaux

et les Pierres, en harmonie avec les croyances de l'époque, et dans

lesquels on voit comment on se plaisait alors à faire servir la zoologie

d'auxiliaire à la théologie. Le livre III, ou l'histoire de la zoologie

dans les temps modernes, commence à la découverte de l'Amérique, peuplée

de tant d'animaux qui lui sont propres, et qui pour la plupart, sont si

différents de ceux de l'ancien monde. On sait qu'originairement

l'Amérique ne possédait aucun de nos animaux domestiques qui, tous, y

ont été transportés par nous et qui depuis s'y sont si parfaitement

acclimatés. M. Hoefer traite longuement de cette découverte du

Nouveau-Monde et de la grande influence qu'elle a eue sur les progrès de

la zoologie. Puis, après avoir rapidement énuméré les explorateurs des

diverses contrées de l'ancien monde, il passe en revue la série des

zoologistes observateurs et descripteurs au seizième, puis au

dix-septième siècle, époque à laquelle deux événements importants

s'accomplirent: la fondation des académies ou sociétés savantes et

l'invention du microscope. L'ouvrage se termine par un chapitre

considérable et du plus haut intérêt, consacré aux fondateurs de la

zoologie moderne: Linné, Buffon, Charles Bonnet, Lamarck et Cuvier, le

législateur de la zoologie en France.

Livre à lire et à relire. C'est, en effet, à notre avis, l'exposé le

plus clair, le plus éloquent en sa mâle simplicité et le plus

substantiel qui ait été fait de la marche à travers les siècles de la

science zoologique. Après l'avoir lu, on est au courant de toutes les

questions qu'elle a soulevées, soit qu'on l'étudie au point de vue de la

distribution systématique des espèces et de leur description méthodique,

soit qu'on le fasse au point de vue plus élevé de l'anatomie et de la

physiologie comparées, du rôle des animaux dans l'ensemble de la

création, de la transformation des espèces et de l'unité de composition.

L'Illustration, No. 1592, 30 Août 1873 · 第 20 / 31 题