CALENDRIER PERPÉTUEL AUTOMATIQUE J. TILMANT.

Depuis que les horloges mécaniques existent, on a cherché à leur

adjoindre un système particulier donnant les dates: mois, jours et

quantièmes, c'est-à-dire un calendrier perpétuel automatique. Mais des

difficultés sans nombre se présentaient, car il fallait tenir compte des

mois de trente ou trente et un jours et des mois de février de

vingt-huit ou vingt-neuf jours dans les années bissextiles.

Depuis Quare, habile horloger anglais du dix-septième siècle, qui paraît

être le premier en date, tous les maîtres de l'horlogerie aux

dix-huitième et dix-neuvième siècles ont également cherché à produire,

sous des formes diverses, montres, pendules ou horloges, des calendriers

perpétuels automatiques. Certains y sont arrivés; malheureusement ces

pièces, remarquables sous beaucoup d'autres rapports, ne résolvaient pas

toutes complètement le problème de tenir compte automatiquement des

bissextiles; celles qui y parvenaient atteignaient alors des prix élevés

qui ne les rendaient abordables qu'à de rares privilégiés de la fortune.

Un ingénieux ouvrier horloger français, M. J. Tilmant, après de longues

et patientes années d'études et d'essais, a résolu, d'une façon complète

et heureuse, ce problème si ardu. Le modèle que représente notre

gravure, aussi simple que robuste et d'un prix très abordable, est

destiné à rendre de réels services en raison de ses remarquables

qualités.

L'Auto-Tilmant est constitué: 1° par un mouvement d'horlogerie A

occupant la partie supérieure du système et donnant l'heure; 2° en

dessous, par un mécanisme B constituant le calendrier perpétuel

automatique proprement dit.

Les deux mouvements sont reliés par un levier qui, déplacé par une

cheville spéciale plantée verticalement dans le plan d'une roue qui fait

un tour en vingt-quatre heures, produit le changement des jours et des

quantièmes, vers minuit, et des mois en temps opportun. Les noms des

mois et des jours sont inscrits sur deux rouleaux que l'on aperçoit au

milieu, et les quantièmes sur deux disques verticaux placés en dessous.

[Illustration: Calendrier automatique Tilmant.]

De ces deux disques, l'un, celui qui est le plus rapproché du mécanisme,

porte en couronne les dix chiffres: 9, 8,... 1, 0; l'autre, qui

chevauche sur le premier, est divisé en quatre parties égales dans

chacune desquelles on a percé une ouverture rectangulaire. Les chiffres

du premier disque, qui fait chaque jour un dixième de tour, apparaissent

au travers des ouvertures du deuxième disque qui, lui, au moyen des

chiffres 1, 2, 3, que l'on a marqués à la gauche des ouvertures

précitées, est destiné à l'indication des dizaines du quantième. Ce

deuxième disque fait un tour complet, tantôt en 31, 30, 28 et

quelquefois 29 jours; c'est là la partie ingénieuse du système. Ce

résultat est obtenu par l'emploi d'une roue spéciale divisée en 48

parties inégales. Ces parties correspondent aux 48 mois compris dans un

cycle de quatre années, dont une bissextile; cependant, un dispositif

spécial permet de tenir compte entièrement de la loi du calendrier

grégorien qui veut que les années centenaires comme 1700, 1800, 1900,

2100, 2200, etc., ne soient pas bissextiles malgré leur divisibilité par

4, à l'exception des quatrièmes centenaires: 1600, 2000, 2400, etc. Tout

cela s'obtient automatiquement, et l'on ne peut qu'admirer la patiente

ingéniosité de l'inventeur. Une seule précaution est à prendre, celle de

remonter régulièrement la pendule tous les huit jours. Ajoutons que le

mouvement d'horlogerie est à échappement circulaire à cylindre et que

l'appareil peut ainsi marcher dans toutes les positions. Il peut donc

s'emporter en voyage. Son prix est de 50 francs, chez _M. G.

Bourdilliat, agent général, 22, faubourg Poissonnière, Paris._

[Illustration: PETITES DÉFINITIONS, par Henriot.]

L'Illustration, No. 3251, 17 Juin 1905 · 第 17 / 18 题