Un fait de la vie de Clément Roux mérite tout particulièrement d’être
signalé. Le Père Lambert l’expose ainsi (pages 359 et suivantes de son
livre): «Il n’est point rare de constater dans la vie des grands
serviteurs de Dieu une vue claire et précise de certains événements
futurs.» Ce fut le cas pour Clément Roux. Il écrivait à la date du 6
juin 1881: _La société s’achemine à pas rapides vers le paganisme. Dans
les âmes chrétiennes elles-mêmes, la foi, la vie surnaturelle vont
s’affaiblissant. Comment réagir? Quel remède opposer au mal général? Le
corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ! L’Eucharistie seule sauvera le
monde. Prions, prions afin que le Pape se décide à lancer à travers le
monde le mot d’ordre sauveur inspiré par Jésus._
«Et voilà que dans une autre lettre, en date du 2 octobre 1883, il
écrit: _J’ai la confiance intime, mieux encore, j’ai la certitude
absolue que Jésus inspirera au Souverain Pontife une Encyclique sur la
communion fréquente. Quand sera-ce? C’est le secret de Dieu. Cet acte
pontifical inaugurera une ère nouvelle de rénovation et de
transformation dans le monde des âmes._
«Les prévisions du serviteur de Dieu, continue le Père Lambert, se sont
réalisées à la lettre. Après les appels de Léon XIII, adressés dans sa
lettre encyclique sur la Très Sainte Eucharistie, l’univers catholique a
entendu les appels de Pie X invitant par le décret _Sacra Tridentina
Synodus_, «tous les fidèles de toute classe et de toute condition» à
s’approcher fréquemment, quotidiennement, de la Table eucharistique et
inaugurant par là «l’ère nouvelle» entrevue par le saint homme de
Grasse».