Le chapitre précédent était presque terminé quand me tomba sous les yeux
le récit que l’auteur de _l’Annonce faite à Marie_ et de tant d’autres
belles œuvres publia, de sa conversion, dans _la Revue de la
Jeunesse._--Claudel ayant eu la gracieuseté de m’autoriser à le
reproduire, je le donne ici car il montre, avec une admirable clarté, le
travail de la Grâce sur une âme loyale. Et il vient à l’appui de ma
thèse que nulles circonstances d’ordre purement naturel ne suffisent à
expliquer le miracle de la conversion.
Je n’y ajouterai aucun commentaire. Je ferai seulement remarquer combien
il est impressionnant que Claudel ait retrouvé le sens du surnaturel par
les écrits de cet Arthur Rimbaud dont je parle dans le chapitre sur
Verlaine. Quelle étrange destinée que celle de cet aventurier qui, de
quatorze à dix-sept ans, manifesta, en des poèmes et des proses d’une
étourdissante beauté, un génie échappant à toute classification et qui,
ensuite, laissa de côté la littérature pour se faire trafiquant en
Abyssinie!
--C’est le cas de s’écrier: l’Esprit souffle où il veut!...