Les persécutions effroyables subies par les Juifs n’eurent point pour
cause leur religion, comme le prétendent, sans preuve, les
rationalistes, mais bien le fait que partout où ils prenaient pied, ils
se rendaient insupportables par leur usure et par leur insolence. Renan,
qui n’est pas suspect d’animosité contre Israël, puisque il se montra
toujours fort respectueux à l’égard des plus riches de ce peuple, a dit,
avec raison, dans son livre l’_Antechrist_: «Quand toutes les nations et
tous les siècles vous ont persécuté, il faut bien qu’il y ait à cela
quelque motif. Le Juif, jusqu’à notre temps, s’insinuait partout en
réclamant le droit commun. Mais en réalité le Juif n’était pas dans le
droit commun: il gardait son statut particulier. Il voulait avoir les
garanties de tous et, par-dessus le marché, ses exceptions, ses lois à
lui. Il voulait les avantages d’une nation sans participer aux charges
des nations.» Oui, _sans participer aux charges des nations_ mais au
contraire en parasites qui sucent leur substance. C’est ce qui les fit
chasser de Rome, maintes fois, sous les empereurs et notamment sous
Claude. C’est plus tard ce qui déchaîna si souvent les peuples contre
eux. Et alors qui les protégea?--L’Église, les Papes qui les prenaient
sous leur sauvegarde, comme mille textes le prouvent à tout homme de
bonne foi.
Il faut donc le répéter: _l’antisémitisme n’est pas un fait d’ordre
religieux; c’est un fait d’ordre social._ Un catholique sera antisémite
parce qu’il est patriote mais non parce qu’il va à la messe.