CXLIV

L'un des plus grands poètes, selon moi, qui aient paru dans ces derniers

temps, c'est Robert Burns, paysan écossais mort de misère. Il avait

soixante-dix louis d'appointements comme douanier, pour lui, sa femme et

quatre enfants. Il faut convenir que le tyran Napoléon était plus

généreux envers son ennemi Chénier, par exemple. Burns n'avait rien de

la pruderie anglaise. C'est un génie romain sans chevalerie ni honneur.

Je n'ai pas assez de place pour conter ses amours avec Mary Campbell et

leur triste catastrophe. Seulement je remarque qu'Édimbourg est à la

même latitude que Moscou, ce qui pourrait déranger un peu mon système

des climats.

«One of Burn's remarks, when he first came to Edimburgh, was that

between the men of rustic life and the polite world he observed little

difference; that in the former, though unpolished by fashion and

unenlightened by science, he had found much observation and much

intelligence; but a refined and accomplished woman was a being almost

new to him, and of which he had formed but a very inadequate idea.»

(Londres, 1er novembre 1821, tome V, page 69.)

De l'Amour Édition revue et corrigée et précédée d'une étude sur les oeuvres de Stendhal par Sainte-Beuve · 第 239 / 341 题