S'il était une époque où, d'après les théories vulgaires, appelées
raisonnables par les hommes communs, la prison pût être supportable, ce
serait celle où, après une détention de plusieurs années, un pauvre
prisonnier n'est plus séparé que par un mois ou deux du moment qui doit
le mettre en liberté. Mais la _cristallisation_ en ordonne autrement. Le
dernier mois est plus pénible que les trois dernières années. M.
d'Hotelans a vu à la maison d'arrêt de Melun plusieurs prisonniers
détenus depuis longtemps, parvenus à quelques mois du jour qui devait
les rendre à la liberté, _mourir_ d'impatience.