LXXIX

(Messe des Tuileries, 1811.)

Les cérémonies de la cour avec les poitrines découvertes des femmes,

qu'elles étalent là comme les officiers leurs uniformes, et sans que

tant de charmes fassent plus de sensation, rappellent involontairement à

l'esprit les scènes de l'Arétin.

On voit ce que tout le monde fait _par intérêt d'argent_ pour plaire à

un homme; on voit tout un public agir à la fois sans morale et surtout

sans passion. Cela joint à la présence de femmes très décolletées avec

la physionomie de la méchanceté et le rire sardonique pour tout ce qui

n'est pas intérêt personnel payé comptant par de bonnes jouissances,

donne l'idée des scènes du Bagno, et jette bien loin toute difficulté

fondée sur la vertu ou sur la satisfaction intérieure d'une âme contente

d'elle-même.

J'ai vu, au milieu de tout cela, le sentiment de l'isolement disposer

les coeurs tendres à l'amour.

De l'Amour Édition revue et corrigée et précédée d'une étude sur les oeuvres de Stendhal par Sainte-Beuve · 第 170 / 341 题