Les jeunes filles d'Italie, si elles aiment, sont livrées entièrement
aux inspirations de la nature. Elles ne peuvent être aidées tout au plus
que par un petit nombre de maximes fort justes qu'elles ont apprises en
écoutant aux portes.
Comme si le hasard avait décidé que tout ici concourrait à préserver le
_naturel_, elles ne lisent pas de romans par la raison qu'il n'y en a
pas. A Genève et en France, au contraire, on fait l'amour à seize ans
pour faire un roman, et l'on se demande à chaque démarche et presque à
chaque larme: «Ne suis-je pas bien comme Julie d'Étanges?»