Elle est là, la guerre! Avec quel visage? Personne n'en semble ni ivre,
ni craintif, ni amoureux.
Un mobilisé:--«Ce n'est pas que j'aie peur, mais c'est dommage tout de
même».
Un jeune homme, en quittant une femme:--«Puisque je te dis qu'il n'y a
pas de danger...»
Ils partent tous avec le vent qui sonne la charge.
Une affiche de casino annonçant une représentation de «Boccace» reste
sur une plage déserte.--Flagellé par l'orage, un vieillard s'abrite
derrière une cabine de bains à roulettes.
La mer claque et montre ses dents.
Tous les petits papiers roses, bleus, rouges et blancs, que semblaient
les gens au loin, sont balayés de la plage.
Il ne reste de la saison ni petits chevaux, ni baigneurs, ni casinos
éclairés, ni femmes constellées et vénales, ni sportsmen occupés à
suivre des petites balles, ni aéroplanes se maintenant, ou ne se
maintenant pas, dans les airs mal faits pour eux; il ne reste de la
saison que la saison, avec ses tempêtes, ses marées, ses grandes
étendues de sables libres ou couchées sous les vagues.