SCÈNE I

Une rue d'une ville de Sicile.

_Entrent_ CLÉOMÈNE ET DION.

CLÉOMÈNE.--Le climat est pur, l'air est très-doux; l'île est fertile, et

le temple surpasse de beaucoup les récits qu'on en fait communément.

DION.--Moi, je citerai, car c'est ce qui m'a ravi surtout, les célestes

vêtements (c'est le nom que je crois devoir leur donner) et la vénérable

majesté des prêtres qui les portent.--Et le sacrifice! quelle pompe,

quelle solennité dans l'offrande! Il n'y avait rien de terrestre.

CLÉOMÈNE.--Mais, par-dessus tout, le soudain éclat et la voix

assourdissante de l'oracle, qui ressemblait au tonnerre de Jupiter; mes

sens en ont été si étonnés que j'étais anéanti.

DION.--Si l'issue de notre voyage se termine aussi heureusement pour la

reine (et que les dieux le veuillent!) qu'il a été favorable, agréable

et rapide pour nous, le temps que nous y avons mis nous est bien payé

par son emploi.

CLÉOMÈNE.--Grand Apollon, dirige tout pour le bien! Je n'aime point ces

proclamations qui cherchent des torts à Hermione.

DION.--La rigueur même de cette procédure manifestera l'innocence ou

terminera l'affaire. Quand une fois l'oracle, ainsi muni du sceau du

grand-prêtre d'Apollon, découvrira ce qu'il renferme, il se révélera

quelque secret extraordinaire à la connaissance publique.--Allons, des

chevaux frais, et que la fin soit favorable!

Le conte d'hiver · 第 18 / 33 题