1. L'Assyrien fondit sur nous comme le loup sur la bergerie: ses
cohortes étaient resplendissantes de pourpre et d'or; leurs lances
brillaient, comme les étoiles de la nuit brillent sur la mer qui frappe
de ses vagues bleues les rivages de la Galilée.
2. Comme les feuilles de la forêt, lorsque règne la verdure d'été, ainsi
parut un soir cette armée avec ses bannières déployées: comme les
feuilles de la forêt lorsque la bise d'automne a soufflé, ainsi le
lendemain cette armée joncha-t-elle le sol, toute flétrie et dispersée.
3. Car l'ange de la mort étendit ses ailes sur le vent, et dans son
rapide passage frappa de son haleine la face de l'ennemi. Les yeux des
guerriers endormis s'éteignirent et se glacèrent: leurs cœurs ne
battirent qu'une fois, et se reposèrent pour toujours.
4. Là gisait le coursier dont les naseaux, largement ouverts, avaient
cessé d'aspirer l'air avec orgueil: l'écume de sa bouche agonisante
blanchissait le gazon, froide comme les bouillons de la vague qui se
brise contre le roc.
5. Là gisait le cavalier roide et pâle, le front humide de rosée, la
cuirasse rongée de rouille. Les tentes étaient muettes, les étendards
abandonnés, les lances immobiles, la trompette silencieuse.
6. Les veuves d'Assur poussent mille cris de douleur; les idoles sont
brisées dans le temple de Baal: la puissance des Gentils, sans être
atteinte par le glaive, s'est fondue comme la neige devant le regard du
Seigneur.