SUR LES RIVES DE BABYLONE
NOUS NOUS ASSIMES ET PLEURAMES.
1. Nous nous sommes assis auprès des ondes de Babylone, et, nous avons
pleuré en songeant à ce jour où notre ennemi, teint du sang qu'il
répandit à flots, fit des hauts lieux de Jérusalem sa misérable proie,
où vous-mêmes, hélas! filles désolées de Sion, fûtes dispersées et
fondîtes en larmes.
2. Tandis que nous contemplions tristement la rivière qui roulait ses
libres flots sous nos regards; les tyrans nous demandèrent un cantique:
mais l'étranger n'obtiendra jamais ce triomphe. Oh! puisse ma main
droite se flétrir pour toujours, avant qu'elle n'ébranle pour l'ennemi
les cordes de notre noble harpe.
3. Cette harpe est suspendue aux rameaux du saule: pour résonner, elle a
besoin de liberté, ô Jérusalem! L'heure où périt ta gloire ne m'a laissé
de toi que ce gage unique: jamais je n'en mêlerai la douce mélodie à la
voix de ton désolateur.