SAUL.

O toi dont le magique pouvoir ressuscite les morts, ordonne à l'ombre du

prophète de paraître devant moi.--«Samuel, lève ta tête ensevelie. Roi,

regarde le fantôme du Voyant!»--La terre s'entr'ouvrit: le spectre

apparut au centre d'un nuage, mortuaire enveloppe qui fit pâlir la

lumière du jour; son œil glacé par la mort n'avait plus qu'un regard

terne et fixe, ses mains étaient flétries, et ses veines arides; son

pied, dépouillé de sang et de nerfs, offrait à nu l'horrible blancheur

de ses os; de ses lèvres immobiles et de sa poitrine qui ne respirait

plus, sortit une voix sourde comme les vents renfermés dans un antre.

Saül le vit, et tomba par terre, comme tombe le chêne frappé par un coup

de tonnerre.

«Pourquoi trouble-t-on mon sommeil? Quel-est celui qui appelle les

morts? Est-ce toi, roi d'Israël? regarde ces membres pâles et froids; ce

sont les miens: tels seront les tiens demain, quand tu seras venu me

rejoindre; avant la fin du jour qui se lève, tel tu seras, tel sera ton

fils. Adieu, mais pour un jour! puis nous mêlerons notre poussière. Toi

et ta race, tombez à terre, pâles et mourans, sous les flèches parties

de tant d'arcs ennemis! à ton côté pend le glaive que ta main guidera

vers ton cœur! Sans couronne, sans haleine, sans vie, tombent le fils et

le père, tombe la maison de Saül!»

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 04 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 220 / 250 题