1. La sauvage gazelle peut encore jouer et bondir sur les collines de
Juda, encore boire aux sources vives qui arrosent la terre sacrée: ses
pas aériens, ses regards fiers peuvent promener partout leur essor
indompté[170].
[Note 170:
_Its airy step and glorious eye
May glance in tameless transport by_:--
M.A.P. traduit: «Ses pas aériens _s'arrêtent_, et son œil brillant
_n'aperçoit autour d'elle rien qui l'effarouche_.»]
2. Là Juda vit naguère des pas aussi légers, et des regards plus
brillans. Sur cette scène de délices évanouies habitait une race plus
belle. Les cèdres balancent encore leurs rameaux sur le Liban; mais les
vierges de Juda, plus majestueuses que les cèdres,--où sont-elles
maintenant?
3. Plus heureux le palmier qui ombrage ces plaines, que les enfans
dispersés d'Israël! Une fois qu'il a poussé ses racines, il reste là
dans sa grâce solitaire: il ne peut abandonner le lieu de sa naissance;
il ne vivra pas sur un sol étranger.
4. Mais nous, nous devons nous flétrir dans une vie errante, mourir en
des contrées lointaines. Là où gît la cendre de nos pères, la nôtre ne
reposera jamais. Notre temple n'a pas conservé une seule pierre, et
l'insulte siége sur le trône de Sion.