SUR UNE JEUNE RELIGIEUSE.
SONNET TRADUIT DE VITTORELLI.
Ce sonnet fut composé au nom d'un père qui venait de perdre sa fille,
peu de tems après l'avoir mariée, et adressé au père d'une jeune
personne qui avait tout récemment pris le voile.
Deux filles, don du ciel,--deux filles, aussi modestes que belles au
milieu des hommages, faisaient notre bonheur: et maintenant, misérables
pères que nous sommes! le ciel appelle leur vertu à de plus nobles
destinées, et en les voyant _l'une et l'autre_, il les a réclamées
_toutes deux ensemble_. La mienne, parmi les flambeaux de l'hymen, qui à
peine allumés s'éteignent, expire--hélas!--trop tôt. La tienne, enfermée
dans les grilles du cloître, éternelle captive, n'aspire qu'à son Dieu.
Mais _toi_, du moins, à travers la porte jalouse qui interdit à jamais à
vos yeux de se rencontrer, tu peux entendre encore la voix douce et
pieuse de cette vierge. _Moi_, je me jette sur le marbre où repose _ma
fille_,--je verse un torrent de larmes amères; je frappe, frappe,
frappe--et n'obtiens point de réponse.