LE DÉPART.

Vierge chérie! le baiser que ta lèvre a imprimé sur la mienne y laissera

une trace fidèle, jusqu'à ce qu'en des jours plus heureux je puisse te

le rendre aussi pur que tu me le donnas. Ton œil, en répandant sur moi

si doux regards d'adieu, peut lire dans le mien une tendresse égale: les

larmes qui coulent de ta paupière ne peuvent pleurer mon

inconstance[154]. Je ne demande aucun gage d'amour dont la vue seule me

rende heureux dans l'absence, aucun souvenir pour ce sein dont toutes

les pensées sont à toi. Ai-je besoin d'écrire?--Non:--pour conter mon

ardeur, ma plume serait deux fois trop faible. Oh! à quoi bon de vains

mots, si le cœur ne peut parler? Jour et nuit, dans la bonne ou mauvaise

fortune, ce cœur, qui n'est plus libre, nourrira l'amour qu'il ne peut

montrer, et souffrira en silence pour toi.

[Note 154: M.A.P. traduit: «La larme qui mouille ta paupière ne saurait

rien effacer de mon cœur,» ce qui est à coup sûr un contre-sens, et me

semble même un non-sens.]

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 04 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 152 / 250 题