PÉNIBLE SOUVENANCE (1808).

1. Quand nous nous séparâmes l'un de l'autre, dans le silence et dans

les larmes, le cœur déchiré et mourant à demi, pour une absence de

longues années; pâle et froide devint ta joue; et plus froid ton baiser.

En vérité, cette heure du passé prédit les chagrins à l'heure

d'aujourd'hui.

2. La rosée du matin tomba glacée sur mon front;--elle me donna comme un

pressentiment de ce que je sens aujourd'hui. Tes sermens sont tous

rompus, et ta renommée sans honneur. J'entends prononcer ton nom, et

j'ai part à la honte qui s'y attache.

3. On te nomme devant moi,--oh! supplice pour mon oreille! Un frisson me

parcourt:--pourquoi me fus-tu si chère? On ne sait pas que je t'ai

connue; moi qui, hélas, t'ai connue trop bien:--long-tems, ah!

long-tems, je te maudirai,--trop profondément pour parler.

4. En secret, nous nous sommes vus:--en silence, je m'afflige que ton

cœur ait pu oublier, et ton esprit s'abaisser à la perfidie. Si je te

revoyais jamais après longues années, comment t'accueillerais-je?--Avec

le silence et les larmes.

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 04 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 140 / 250 题