XXXII.

VERS

COMPOSÉS APRÈS AVOIR FRANCHI A LA NAGE LE DÉTROIT DES DARDANELLES, DE

SESTOS A ABYDOS[152].

[Note 152: Le 3 mai 1810, tandis que la frégate _la Salsette_ (capitaine

Bathurst) était en panne dans le détroit des Dardanelles, le lieutenant

Ekenhead et l'auteur de ces vers passèrent à la nage d'Europe en

Asie--ou, plus exactement, d'Abydos à Sestos. La distance parcourue,

depuis l'endroit dont nous partîmes jusqu'à celui où nous prîmes terre

sur la côte opposée, y compris le trajet oblique que nous fûmes obligés

de faire en raison du courant, fut évaluée, par l'équipage de la

frégate, à plus de quatre milles anglais, quoique la largeur réelle du

détroit soit à peine d'un mille entier. La rapidité du courant est telle

qu'aucune barque ne peut le traverser directement à force de rames, et

elle peut, jusqu'à un certain point, être appréciée d'après le tems

employé à franchir la distance entière (une heure cinq minutes par l'un

des nageurs, une heure dix minutes par l'autre). L'eau avait été

excessivement refroidie par la fonte des neiges. Environ trois semaines

auparavant, au mois d'avril, nous avions fait un premier essai; mais

comme nous étions, le matin du même jour, venus à cheval de la Troade,

et que l'eau était d'un froid glacial, nous jugeâmes à propos de

différer la partie complète jusqu'à ce que la frégate eût mis à l'ancre

sous les châteaux des Dardanelles: c'est seulement alors que nous

franchîmes le détroit, comme je viens de le dire; nous étant mis en mer

beaucoup au-dessus du fort de la côte d'Eurupe, nous n'abordâmes qu'en

dessous du fort de la côte d'Asie. Chevalier dit qu'un jeune juif

traversa à la nage la même distance pour sa maîtresse, et Olivier parle

d'un Napolitain qui aurait fait le même trajet; mais notre consul,

Tarragora, qui ne se rappelait ni l'une ni l'autre de ces histoires,

essaya de nous dissuader de notre entreprise. Plusieurs hommes de

l'équipage de _la Salsette_ étaient connus pour avoir franchi à la nage

de plus grandes distances; et la seule chose qui m'étonna, c'est que les

doutes élevés sur la vérité de l'histoire de Léandre n'eussent engagé

aucun voyageur à tâcher de s'assurer par expérience de la possibilité du

fait.]

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 04 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 135 / 250 题