(Traduit du français.)
1. Adieu, terre où le nuage de ma gloire s'éleva pour couvrir de son
ombre l'univers entier!--Tu m'abandonnes aujourd'hui;--mais mon nom
remplit les pages les plus brillantes ou les plus sombres de ton
histoire. J'ai combattu contre un monde qui ne m'a vaincu qu'après que
le météore trompeur de la conquête m'eut entraîné trop loin: j'ai tenu
tête aux nations qui me craignent encore dans mon abandon solitaire,
moi, dernier captif de plus d'un million de guerriers!
2. Adieu, France!--Quand ton diadême ceignait mon front, j'en fis la
perle et la merveille du monde;--mais ta faiblesse ordonne que je te
laisse comme je t'ai trouvée, dans la décadence de ta gloire et le
déclin de ta vertu. Oh! que n'ai-je encore ces vétérans de la bravoure,
qui gagnèrent toutes leurs batailles et ne furent moissonnés qu'en
luttant contre les tempêtes:--avec eux, l'aigle, dont le regard perdit
en ce moment sa force, avait toujours, dans son essor, fixé ses yeux sur
le soleil de la victoire!
3. Adieu, France!--Mais quand la liberté ralliera encore une fois ses
bannières dans tes provinces, aie souvenir de moi:--la violette croît
toujours dans le fond de tes vallées; elle est flétrie, mais tes larmes
épanouiront encore sa fleur.--Oui, je puis encore confondre les armées
qui nous environnent: ton cœur peut encore tressaillir et se réveiller à
ma voix.--Il est des anneaux qui doivent rompre, dans la chaîne qui nous
a liés: _alors_, tourne-toi vers Napoléon, appelle à ton aide le chef de
ton choix.