M. Villaverde, qui naguère encore, au moment du voyage d'Alphonse XIII
en France, occupait la présidence du conseil des ministres d'Espagne,
est mort, le 15 juillet, à l'âge de cinquante-cinq ans, succombant à une
congestion cérébrale.
Avocat réputé, après avoir commencé sa carrière publique comme
sous-secrétaire au ministère des Finances, il était devenu préfet de
Madrid. Il eut, ensuite, les portefeuilles de la Justice et de
l'Intérieur; puis il fonda, avec M. Silvela, la fraction des
conservateurs indépendants, distincte du vieux parti catholique. Très
compétent en matière financière, il avait pris pour la première fois le
portefeuille des Finances au lendemain de la guerre qui aboutit à la
perte de Cuba. On le retrouvait au même poste en 1903 et enfin au mois
de janvier 1905, époque où il succédait au général Azcarraga, en qualité
de président du conseil. Le mois dernier, il quittait le pouvoir,
renversé par une coalition de libéraux et de conservateurs.
M. Villaverde avait donné des gages de sympathie pour la France. Ses
compatriotes lui savaient gré d'avoir appliqué ses aptitudes spéciales à
la réforme des abus et au relèvement du crédit national; aussi sa mort
a-t-elle été vivement ressentie en Espagne.
_Nous publions ci-après la suite de l'enquête illustrée de notre
collaborateur Gustave Babin sur l'extraordinaire aventure du
"Kniaz-Potemkine"; nous reprendrons, la semaine prochaine, la
publication de l'intéressant récit du "Voyage en Norvège", écrit pour_
L'Illustration _par M. Brieux._
[Illustration: La première apparition du _Kniaz-Potemkine_ devant
Constantza...--_Phot. Besançon_.]