Alors les gardiens effrayés se regardèrent.
--Il faut appeler le docteur, dit l'un.
--Et le gouverneur, dit un autre.
En présence de l'état de M. Bardel, on ne songeait plus au corridor et
à la cellule n° 4 qui continuaient à demeurer fermés, non plus qu'à
Jonathan et à M. Whip, dont on n'avait pas la moindre nouvelle.
L'un des gardiens courut donc chez le docteur.
Le docteur se leva en maugréant, car il n'était pas matinal et s'était
même si bien habitué au bruit de la cloche de six heures qu'elle ne le
réveillait plus.
Il arriva chez M. Bardel enveloppé dans sa robe de chambre, et à
première vue, il s'écria:
--Comment, butors que vous êtes, c'est pour cela que vous m'éveillez?
Cet homme est ivre-mort, voilà tout.
Et, à son tour, il secoua M. Bardel sans plus de succès.
--Ah! diable! fit-il alors, je crois qu'on lui a fait prendre un
narcotique.
Et il se mit à l'examiner plus attentivement.
Le gouverneur, également prévenu, était arrivé en toute hâte.
Aux premiers mots qu'on lui dit, il soupçonna quelque événement
extraordinaire.
On chercha la clef que M. Bardel portait toujours à sa ceinture et on ne
la trouva pas.
Alors le gouverneur, laissant le dormeur aux mains du docteur, se fit
accompagner par deux des gardiens, et, à l'aide de sa propre clef, il
ouvrit la cellule n° 4.