M. Bardel marchait le premier.

John Colden donnait toujours la main à l'enfant, à qui il n'osait parler

de sa mère, de peur qu'un cri de joie ne lui échappât.

Le préau de la vieille prison était séparé du préau de la prison

nouvelle et encore inhabitée, par une porte dont M. Bardel avait la

clef.

Cette porte s'ouvrit donc comme l'autre.

--Où allons-nous? demanda alors tout bas John Colden.

--Lève les yeux, dit M. Bardel.

--Bien.

--Vois-tu ma maison de l'autre côté du mur?

--Oui.

--Et une fenêtre ouverte?

--Oui.

--Eh bien! il y a une corde qui pend de cette fenêtre dans le préau. Une

corde à noeuds...

John Colden et M. Bardel, conduisant l'enfant, s'approchèrent encore.

Mais soudain, M. Bardel étouffa un cri.

Un homme était assis au pied du mur et tenait un bout de la corde dans

ses mains.

Et cet homme se dressa devant M. Bardel dont les cheveux se hérissèrent,

en lui disant:

--Ah! ah! je vous prends donc en flagrant délit de trahison?

M. Bardel, frissonnant, avait reconnu la voix de M. Whip, le féroce

gardien du tread-mill.

Les misères de Londres, 2. L'enfant perdu · 第 72 / 115 题