Je l'ai fort connu. Il etoit presque toujours à Paris, quoi
qu'Archevêque de Rouen. C'est justement ce qu'il falloit à ce Bouc.
Franchement, si Paris est l'Enfer des chevaux[276], c'est le Paradis
des _Boucs_ et des _Cochons_ aussi bien que des Putains. Je juge
assez de ce qu'il fait presentement par ce que je lui ai vu faire.
Passons à nos cochons.
[Note 276: V., sur ce proverbe, notre t. 2, p. 284, note.]
_L'abbé_ FURETIÈRE.
Vous me dispenserez de vous parler de tous. Ils n'en valent pas la
peine pour la plupart. Je ne vous dirai qu'un mot de ceux que vous
avez ouï prêcher dans Paris avec l'applaudissement de la Cour, et
qui vivoient en quelque odeur de Sainteté tandis qu'ils etoient dans
la compagnie des Pères de l'Oratoire: c'est le Père le Bouc[277] et
le Père Mascaron, celui-là Evêque de Périgueux, et celui-ci Evêque
d'Agen.
[Note 277: Guillaume Le Boux, qui eut le courage de prêcher
à Paris pendant la Fronde touchant l'obéissance qu'on
devoit au roi, ce qui lui valut, en 1658, l'évêché d'Acqs,
et non pas celui d'Agde, comme il sera dit plus loin, et
plus tard, en 1667, celui de Périgueux. Il avoit été, comme
Mascaron, prêtre de l'Oratoire. Il mourut le 6 août 1693.]