NOTES

[1: On consultera sur Renan les études de P. Bourget dans ses _Essais de

psychologie contemporaine_ et de J. Lemaitre dans _Les contemporains_,

un remarquable article de Maurice Vernes dans la _Revue d'histoire des

religions_ (1893) et surtout la belle notice de J. Darmesteter dans le

_Journal asiatique_ (1893).]

[2: La note suivante fut envoyée par Renan à un ami pendant la campagne

électorale pour lui indiquer dans quel esprit il fallait présenter sa

candidature.

«M. Renan est un homme d'imprévu... Il est difficile d'avance de prédire

son développement... Pour s'être occupé surtout du passé, Ernest Renan

n'est pas resté étranger au XIXe siècle. Il y a réfléchi... Ses

_Questions contemporaines_... Ce n'est donc pas avec trop d'étonnement

que nous avons appris sa candidature en Seine-et-Marne. La

circonscription où il se présente est celle qui envoyait à la Chambre La

Fayette, Portalis. C'est l'un des pays les plus libéraux de France en

politique et en religion. Nous souhaiterions que M. Ernest Renan

réussît. Nous croyons qu'en certaines questions il pourrait être de bon

conseil. M. Ernest Renan n'est pas un radical; les divers partis ont

contre lui des griefs. Il y a un parti qui n'a pas de grief contre lui:

le parti de la liberté. Nous désirerions vivement que les électeurs de

Seine-et-Marne soient de cet avis. M. Ernest Renan a ainsi résumé son

programme: _Pas de révolution, pas de guerre, progrès, liberté_. C'est

sûrement là le programme du pays où il se présente et peut-être de la

province en général. Si M. Ernest Renan devenait un jour le représentant

de l'esprit libéral tel que l'entend la province, en opposition avec

l'esprit radical de Paris, nous n'en serions pas trop surpris.»

Tant de modération, de modestie et de nuances n'étaient pas pour

entraîner le suffrage universel. Ernest Renan en fit l'expérience.]

[3: Ce voyage d'Italie fut un enchantement et lui laissa de durables

impressions. Voici ce qu'il disait de Rome dans une lettre du 25 mars

1850: «Je suis de retour à Rome pour la deuxième fois. Vous voyez que

cette ville exerce sur moi une attraction toute particulière; j'y aurai

passé près de cinq mois, et tous les jours je l'envisage par des faces

nouvelles et je lui trouve de nouveaux charmes. Rome est la ville du

monde où l'on est le plus à l'aise pour philosopher. Nulle part la

pensée n'est plus libre, la vue plus limpide. Rome est comme les grandes

œuvres de l'esprit humain; l'impression qu'elle produit est très

complexe. Il y a place pour l'admiration, pour le mépris, pour le rire,

pour les pleurs. C'est le tableau le plus parfait de la vie humaine, ou

plutôt c'est le résumé de la vie de l'humanité, concentré en un point.

Si vous visitez jamais ce pays, vous partagerez, j'en suis sûr, mes

sympathies, et vous préférerez cette grande ruine à cette Naples trop

vantée, qui n'a pour elle que son admirable nature. Naples ne m'a laissé

que de pénibles souvenirs. Il est impossible, en face d'une telle

dégradation de la nature humaine, de s'ouvrir de gaîté de cœur au charme

des beaux lieux, lors même que ces lieux s'appellent Sorrente et

Portici, Misène et Baïa.»]

[4: La politique n'a joué qu'un rôle très secondaire dans la vie

d'Ernest Renan, aussi n'ai-je pas cru devoir insister sur les sentiments

qu'ont pu lui inspirer les révolutions de 1848 et 1850. Mais il n'est

pas inutile de rappeler qu'en 1850 il se disait de tendances, mais non

de doctrines socialistes, et que le 2 décembre fut pour lui comme pour

tous les hommes de cœur de sa génération une cruelle épreuve. Il

écrivait le 14 janvier 1852:

«J'aurais, je crois (après le 2 décembre), définitivement et à tout

jamais, répudié le suffrage universel, qui nous a joué cet effroyable

tour. «On ne peut vivre avec toi, ni sans toi.» Voilà bien le mot, et

c'est toute la vie et toute l'histoire... Croiriez-vous que dans la

fièvre des premiers jours, j'étais presque devenu légitimiste, et que je

suis encore bien tenté de l'être, s'il m'est démontré que la

transmission héréditaire du pouvoir est le seul moyen d'échapper au

césarisme, conséquence fatale de la démocratie telle qu'on l'entend en

France. Si c'est là la conséquence de 89, ainsi qu'on nous le dit, je

répudie 89; car je suis convaincu que la civilisation moderne ne

tiendrait pas cinquante ans à ce régime... Depuis ces événements je suis

devenu tout curiosité; je ne vis que des nouvelles et des impressions

d'autrui.»

Son caractère ne le portait pas à la résistance active. Voici comment il

jugeait, le 17 mai 1852, la question du serment:

«Mon avis est que ceux-là seuls devaient refuser qui avaient participé

directement aux anciens gouvernements... ou qui actuellement avaient

l'intention arrêtée d'entrer dans une conspiration contre celui-ci. Le

refus des autres, bien que louable s'il correspond à une délicatesse de

conscience, est à mon avis regrettable. Car outre qu'il dégarnit le

service public de ceux qui peuvent mieux le remplir, il implique que

tout ce qui se fait et tout ce qui se passe doit être pris au sérieux...

En ce qui me concerne, on ne m'a encore rien demandé; je vous avoue que

je ne me trouve pas assez d'importance pour faire une exception au

milieu de mes collègues, qui, pas plus que moi, ne sont partisans

du régime actuel. Il est évident que, de fort longtemps,

nous devons nous abstraire de la politique. N'en gardons pas les

charges, si nous n'en voulons pas les avantages.»

Néanmoins ses sentiments contre l'empire étaient très vifs. En 1853 dans

une autre lettre, il dit qu'il ne veut plus signer d'articles dans

l'_Athéneum français_ «parce qu'on y a inséré des vers à la Montijo. Ce

ne sera qu'en faisant ligue et résistance sur tous les points, qu'on

sortira de cette infamie.»]

[5: Renan qui voulait faire de son cours un enseignement de pure

philosophie, le reprit aussitôt chez lui pour ne pas en priver ses

élèves. Il écrit le 25 septembre 1863: «Je vais faire chez moi le cours

que j'aurais fait au collège de France. Mon cabinet est bien petit;

quand il faudra, j'en prendrai un autre. Je veux qu'aucune personne de

celles qui ont vraiment besoin pour leurs travaux de cet enseignement,

n'en soit privée. Je crois d'ailleurs l'expérience bonne à faire au

point de vue de la liberté générale de l'enseignement.»]

[6: Il écrivait le 24 août 1863, au plus fort des attaques: «Ma

résolution de ne pas entrer dans tout ce bruit, les embarras du voyage,

le bruit du vent et de la mer m'arrêtèrent...

»On a trouvé moyen de faire partir la calomnie de si bas, que pour la

relever je serais obligé de me salir. Par caractère, je suis tout à fait

indifférent à cela; je ne crois pas que cela fasse du tort au progrès

des idées saines.»]

[7: Voici en quels termes il défendait, le 28 août 1863, son procédé de

reconstitution historique: «Je ne crois pas que cette façon de tâcher de

reconstituer les physionomies originales du passé, soit si arbitraire

que vous semblez le croire. Je n'ai pas vu le personnage; je n'ai pas vu

sa photographie; mais nous avons une foule de détails de son

signalement. Tâcher de grouper cela en quelque chose de vivant, n'est

pas si arbitraire que le procédé tout idéal de Raphaël ou du Titien.

Quant au charme de Jésus, il a dû principalement se distinguer par là,

bien plus que par la raison ou même par la grandeur. Ce fut avant tout

un charmeur...»]

[8: Il eut dès l'origine ces délicats scrupules de conscience. Il

écrivait en 1853 à un ami spiritualiste: «Vous savez que sur les choses

divines, je suis un peu hésitant... J'accepte de tous points votre

morale; j'y trouve la plus parfaite expression de ma manière de sentir

sur ce point... En général, vous portez dans votre langage métaphysique,

plus de détermination que moi; j'ai un peu moins de confiance dans la

compétence du langage humain pour exprimer l'ineffable... En même temps

que je désirerais introduire le _devenir_ dans l'être-universel, je sens

l'absolue nécessité de lui accorder la conscience permanente. Il y a là

un mystère dont je n'entrevois pas la solution.»]

[9: Nous devons à des communications d'un prix inestimable et dont nous

sommes profondément reconnaissant d'avoir pu donner à cette étude

l'attrait de l'inédit.

Nous exprimons notre gratitude à madame Taine, qui a bien voulu nous

communiquer les lettres de Taine à Paradol et qui nous a guidé dans

toutes nos recherches; à M. Louis Havet, qui a mis à notre disposition

seize lettres adressées par Taine à M. Ernest Havet; à M. Paul Dupuy,

qui a consulté pour nous les archives de l'École normale. On lira avec

fruit les articles sur Taine publiés, en 1893, par M. E. Boutmy dans les

_Annales de l'École des sciences politiques_, par M. Th. Froment dans le

_Correspondant_, par M. Faguet dans sa _Revue bleue_. M. A. de Margerie

a consacré à Taine un livre sérieux et respectueux où il cherche à

démontrer que Taine revenait dans ses dernières années aux idées

conservatrices et catholiques.]

[10: On a souvent dit et écrit que Taine dans sa jeunesse avait connu la

gêne, sinon la misère. On a été jusqu'à attribuer sa mauvaise santé aux

privations de ses années d'étude. Rien de plus inexact. Taine a toujours

été délicat; le travail seul a contribué à altérer sa santé et il n'a

jamais senti peser sur lui le fardeau des nécessités matérielles. Même

si son indépendance de pensée n'avait pas été garantie par son

indépendance de caractère, elle l'eût été par son indépendance de

fortune. Sans doute il a regardé comme un devoir de se suffire à

lui-même pour ne pas être à charge à sa mère, mais il n'a jamais écrit

une ligne, ni donné une leçon par besoin d'argent.]

[11: On trouvera un article sur Marcelin dans les _Derniers essais de

critique et d'histoire_.]

[12: _Revue de l'Instruction publique_, 6 juin 1856; réimprimé dans les

_Essais de critique et d'histoire_.]

[13: _Souvenirs de jeunesse_.]

[14: Lettre à Paradol du 30 octobre 1851.]

[15: Voici le texte complet de cette note de M. J. Simon, note du

dernier trimestre de la troisième année: «M. Taine est un esprit

distingué qui, tôt ou tard, fera honneur à l'École par des publications

d'un ordre sérieux. Son travail de toute l'année a été opiniâtre. Je

l'ai trouvé, au commencement, dans un courant d'opinions et dans des

habitudes de méthode et de style que je ne pouvais approuver. _Il a

fallu lutter pendant plusieurs mois, mais enfin j'ai obtenu de lui la

plus grande docilité sous tous les rapports_ et, à partir de ce moment,

ses progrès ont été considérables. Je crois l'avoir mis sur la bonne

voie, et, en tout cas, lui avoir fait comprendre la véritable situation

d'un professeur de philosophie. M. Taine, dans sa tenue et dans sa

conduite, sera partout irréprochable. Il aura de l'autorité sur ses

élèves. Il a, dès à présent, un véritable talent d'exposition. Je

souhaite qu'il reste fidèle aux habitudes de simplicité et de

circonspection que je me suis efforcé de lui donner, et je l'espère.»

M. Saisset disait de son côté: «M. Taine a déployé dans les expositions

orales un esprit net, souple, fertile en ressources, parfaitement doué

pour l'enseignement. Dans l'épreuve des dissertations écrites, M. Taine

est encore au premier rang par le nombre et le mérite de ses travaux.

J'ai cru y reconnaître un désir sincère et un effort énergique pour se

corriger de son défaut principal, qui est un goût excessif pour

l'abstraction. Ses dernières compositions montrent un sentiment plus vif

de l'observation et de la réalité des choses, et le style a perdu sa

raideur et sa sécheresse pour acquérir du mouvement, de l'animation et

une certaine élégance. M. Taine a besoin d'être encouragé et tenu en

bride. Il est l'espoir du prochain concours.»]

[16: Ce rapport n'a pu être retrouvé ni au ministère de l'Instruction

publique, ni aux Archives nationales; les dossiers de Taine ont

également disparu. On trouvera, dans le beau livre de M. Griard sur

_Prévost-Paradol_ (Paris, 1894), une lettre de Paradol du 7 septembre

1851, où il raconte en détail les péripéties de l'examen, et une

protestation contré le jugement du jury parue dans la _Liberté de

Penser_, t. VIII, p. 600.]

[17: Je tiens tous ces détails d'un des membres du jury, M. Bénard.

Paradol, dans la lettre citée plus haut, parle avec admiration de cette

«brillante et savante leçon»;--«je ne le connaissais pas encore, dit-il,

si souple, si nerveux, si clair et surtout si à son aise. Il était là le

maître, et il y avait un peu de respect dans l'attention qu'on lui

prêtait. Il a la parole très régulière et cependant très animée; il y a

dans son débit une chaleur contenue, une flamme intérieure qui donne la

vie à tout ce qu'il touche.»]

[18: Ces lignes du 24 mars 1852 se trouvent dans une lettre de

remerciement à M. E. Havet qui lui avait envoyé à Nevers son édition des

_Pensées_ de Pascal: «Votre livre vient de me rendre pour une journée à

la vie et au monde... Ce sont là les livres nécessaires. C'est faire

œuvre politique et travail de convertisseur que les écrire; c'est

montrer de nouveau, comme dit Michelet, la face pâle de Jésus crucifié.

On masque et on défigure le monde passé, et il n'y a que ceux qui ont

vécu dans les poudreux in-folios des Pères, qui le connaissent dans

toute son horreur. Les Jansénistes sont les vrais écrivains du

christianisme... Ce sont les fidèles disciples de saint Augustin et de

saint Paul, et Pascal, en homme sincère, parle comme eux de cette masse

de perdition, de cette prédestination fatale, de cette infection de la

nature humaine. Nous frissonnons en lisant Dante, et le Dante est doux

et modéré, en comparaison des effroyables traités de saint Augustin sur

la Grâce, et de cette dialectique invincible qui précipite le monde dans

l'Enfer. Je ne sais si vous y avez pensé, mais votre livre est un

admirable traité de polémique.»]

[19: Il écrit encore le 18 janvier: «Voici un paysan sur sa terre; il

est stupide et l'ensemence mal. Moi, qui suis savant, je lui conseille

avec toute raison de faire autrement. Il s'obstine et gâte sa récolte:

je fais une injustice si j'essaie de l'en empêcher. Voici un peuple qui

décide de son gouvernement. Comme il est bête et ignorant, il le remet à

un homme d'un nom illustre qui a fait une mauvaise action et qui le

conduira aux abimes, et de plus il s'ôte lui-même ses libertés, ses

garanties, le moyen de s'instruire et de s'améliorer. Je suis désolé et

indigné; je fais par mon vote tout ce que je puis contre une pareille

brutalité. Mais ce peuple s'appartient à lui-même, et je fais une

injustice si je vais contre la chose sainte et inviolable, sa volonté».

Il conclut le 5 février 1852: «Tu vois maintenant que l'homme qui règne

a des chances pour durer. Il s'appuie très ingénieusement sur le

suffrage universel qui ne lui demandera pas de liberté, mais du

bien-être. Il a le clergé et l'armée; ajoute le nom de son oncle, la

crainte du socialisme, les opinions opposées entre elles des partis

ennemis. _Par conséquent, la vie politique nous est interdite pour dix

ans peut-être_. Le seul chemin est la science pure ou la pure

littérature.»--On trouvera dans le livre de M. Gréard les lettres

éloquentes où Paradol discute avec Taine ces questions de politique et

de morale.]

[20: Lettre du 28 mars 1852. «Un polisson de seize ans, noble et

jésuite, qui l'an dernier était le premier, étant tombé au-dessous du

dixième, s'amuse à dire que j'ai fait l'éloge de Danton en classe, et

venge sa vanité blessée par des calomnies. Les cancans brodent là-dessus

et je suis obligé de me justifier auprès du recteur. Il est vrai que mes

quinze autres élèves m'aiment, ont demandé au recteur de me conserver

jusqu'à la fin de l'année, et auraient voulu rosser l'Escobar au

maillot. Mais ce petit coquin est un trou à ma cuirasse, et quoique je

fasse, je serai bientôt blessé par toutes les flèches qu'il me tirera.»]

[21: Lettres à Paradol du 25 avril, du 2 juin et du 1er août 1852.]

[22: «Plus d'agrégation pour moi cette année. Donc je fais mes thèses.

J'ai écrit tout le plan de la française... Je fais de la psychologie et

de l'observation pure; pour le fond je m'autorise d'Aristote... Je

souhaite de passer s'il est possible, au commencement d'août. Le

doctorat vaut pour deux ans de service... Je crois avoir trouvé

plusieurs choses et une théorie sûre, surtout des faits palpables sur la

nature de l'âme. Sera-ce trop hardi?» Lettre à Paradol du 25 avril

1852.]

[23: Lettre du 24 juin 1852: «Je viens de lire la _Philosophie de

l'Histoire_ de Hegel. C'est une belle chose, quoique hypothétique et pas

assez précise.»]

[24: Lettre à Paradol du 1er août 1853.]

[25: Lettre au même du 2 juin 1852.]

[26: Expression de Paradol dans un article de la _Revue de l'Instruction

publique_ (12 juin 1856) sur l'_Essai sur Tite-Live_.]

[27: Lettre à Paradol du 3 juin 1854.]

[28: Mort en 1857. M. Hachette avait publié de lui une _Histoire de la

Chevalerie_, et fait composer par Paradol un _Essai d'Histoire

universelle_.]

[29: About, Paradol, Gréard, Sarcey, Villetard, Caro, Mézières,

Assolant, Weiss, etc., etc.]

[30: Lettre à Havet, 29 avril 1864.]

[31: Après la mort de Wœpke en 1864 il lui rendit un émouvant hommage

dans le _Journal des Débats_. Cet article est réimprimé dans les

_Nouveaux essais de critique et d'histoire_.]

[32: Les articles de Taine qui ne rentraient pas dans le plan des

_Philosophes français au XIXe siècle_ et dans l'_Histoire de la

littérature anglaise_ ont formé les deux volumes d'_Essais de critique

et d'histoire_ (1858), et de _Nouveaux Essais de critique et d'histoire_

(1865). La première édition des _Essais_ contient quelques articles sur

des écrivains anglais contemporains qui ont été remplacés par d'autres

dans l'édition de 1874, parce qu'ils avaient pris place en 1867 dans le

dernier volume de la _Littérature anglaise_. Un volume de _Derniers

essais de critique et d'histoire_ a paru en 1894.]

[33: Voyez, sur l'esprit dans lequel furent écrits les _Philosophes

français_, la préface de la seconde édition, de 1860.]

[34: _Revue de l'Instr. publ._, 29 mai 1856.]

[35: _Ibid_, 12 juin 1856.]

[36: _Débats_, 26 et 27 janvier 1857.]

[37: 9 et 16 mars 1857.]

[38: _Le Panthéisme dans l'histoire_, 1er avril 1857.]

[39: _L'Idée de Dieu dans une jeune école_, 15 juin 1857.]

[40: _M. Taine et la critique scientifique_, 1858. Réimprimé dans les

_Mélanges de critique religieuse_ sous le titre: _M. Taine et la

critique positiviste_.]

[41: Une troisième édition, plus profondément retouchée, parut en 1868,

sous le titre: _les Philosophes classiques du XIXe siècle en France_.]

[42: Le rapport de M. Villemain est curieux à relire. Il porte la trace

de l'amusant embarras où se trouvait cet homme d'esprit. Tout en rendant

hommage «à cet important travail d'érudition et d'esprit, œuvre inégale

et forte d'un savant et d'un écrivain», M. Villemain déclarait qu'à

cette œuvre «était attachée une erreur que le talent ne pouvait corriger

et dont parfois il aggravait la portée. C'est la doctrine qui n'explique

le monde, la pensée, le génie que par les forces vives de la nature...

Toute opinion n'a pas le droit de se faire indifféremment accepter pour

un honneur public. La liberté qu'on se donne... doit prévoir et tolérer

la libre contradiction, et la libre contradiction peut refuser son

suffrage à l'œuvre habile et brillante dont elle juge le principe

erroné... Cette erreur, sans cesse et à tout propos reproduite, était

trop inséparable du livre. Une redite aussi fréquente n'a pas semblé

seulement un défaut de composition, et l'Académie, dans la négation de

vérités nécessaires, a vu pour elle l'impossibilité de couronner le

talent qui les méconnaît. Elle a décidé qu'on ne donnerait pas le prix

cette année.»]

[43: Il fit quelques leçons en 1871, avant et après la Commune. En 1877,

il fut remplacé par M. G. Berger, qui fit un cours sur l'art français.]

[44: Ils furent réunis en deux volumes in-8, cette même année 1866.]

[45: Nous en avons la preuve dans une lettre à E. Havet, du 29 avril

1864.

«Tout bourgeois, commerçant, rentier, tout homme qui est capable de lire

un journal est pour l'unité de l'Italie et pour la monarchie

constitutionnelle unitaire. Les Italiens ont un grand sens politique et

il n'y a peut-être pas sur quinze un républicain. Aucune racine pour le

socialisme et pour les idées niveleuses dans ce pays. Cela n'est pas

dans le tempérament de la nation, et il y a une sorte de bonhomie

générale, de familiarité ancienne entre les riches et les pauvres, entre

les nobles et les roturiers, qui ne laisse aucun avenir à Mazzini et aux

idées de 93. Je ne crois pas non plus au provincialisme. Ils sentent

tous que, tant qu'ils ne seront pas une grande nation armée, ils seront,

comme autrefois, à la merci de tout envahisseur. Une partie considérable

de la noblesse, même dans les anciennes provinces papales, est

constitutionnelle et libérale. Ce sont seulement quelques grands

seigneurs arriérés, parents de tel ou tel cardinal, qui sont pour le

pape. À Spolète, par exemple, on en compte deux. Seule, la grande

noblesse de Rome, à l'exception de quatre familles, est papaline.

Joignez à cela la majorité du clergé, la foule des protégés qui vivent

par ces grandes familles, et dans les provinces, la majorité des

paysans, sortes de sauvages énergiques, bien plus incultes que les

nôtres. C'est de ce côté que se tournent tous les efforts de la

bourgeoisie gouvernante. Ils comptent pour une recrue tout homme qui

apprend à lire. C'est pourquoi ils établissent partout des écoles

communales. Les Italiens s'instruisent très vite. On a établi par

expérience qu'un Napolitain peut apprendre à lire et à écrire en trois

mois, même lorsqu'il est adulte. Deux autres institutions fort

puissantes agissent dans le même sens, la garde nationale et l'armée.

L'homme du peuple y prend des idées d'honneur, des habitudes de

propreté, une sorte d'éducation. J'oubliais de dire qu'ils comptent

beaucoup, surtout à Naples, sur l'augmentation de la richesse publique.

Dès que le paysan a quelque argent ou un peu de terre, il prend les

idées d'un bourgeois. La plantation du coton, les grands travaux qui se

font de toutes parts, l'élan nouveau de l'activité privée et publique,

la vente des biens ecclésiastiques contribuent à ce grand changement. Si

pendant dix ans encore la France empêche l'Autriche d'envahir l'Italie,

ils comptent que le nombre des libéraux sera doublé et que la nation

sera faite. Voilà ce que je crois avoir démêlé... en causant avec des

gens de toute classe.»]

[46: Il avait pourtant défini l'histoire «une géométrie vivante».]

[47: _Graindorge_ fut publié en volume en 1868.]

[48: Il écrivait à Havet, le 18 novembre 1885: «Je n'ai pas d'opinions

arrêtées sur le présent; je cherche à m'en faire une; mais probablement

je n'en aurai jamais, parce que les documents, l'éducation, la

préparation me manquent. J'entends une opinion scientifique; pour ce qui

est de mes impressions, j'en fais bon marché; elles sont sans valeur,

comme celles de tout particulier et de tout public. Mon but est d'être

collaborateur dans un système de recherches qui, dans un demi-siècle,

permettra aux hommes de bonne volonté autre chose que des impressions

sentimentales ou égoïstes sur les affaires publiques de leur temps.

C'est dans ce but que nous avons fondé l'_École des sciences

politiques_. Visiblement une pareille méthode, qui est une sorte

d'anatomie sociale, choquera, dans ses premières comme dans ses

dernières conclusions, beaucoup de sentiments généreux et respectables.

Mais les partisans de l'expérience sont trop libres d'esprit pour ne pas

accordera l'outil précieux dont ils connaissent les services, la

permission de travailler partout, même au vif de leurs plus chères

convictions.»]

[49: Un travail préparatoire, la traduction des lettres d'une Anglaise,

témoin de la Révolution de 1792 à 1795, parut en 1872. _(Un séjour en

France de 1792 à 1795)_. Le volume de l'_Ancien régime_ est de 1875, les

trois volumes sur _la Révolution_ se succédèrent en 1878, 1881, 1884; le

premier volume du _Régime nouveau_ parut en 1891; le second, laissé

inachevé, a paru en 1893.]

[50: _Histoire de France_, II, 80.]

[51: Sa morale, nous l'avons dit, était celle de Marc-Aurèle: vivre

conformément à la nature, et il dit que cette morale dépasse toutes les

autres en hauteur et en vérité, qu'elle est d'accord avec notre science

positive (_Nouveaux Essais de critique et d'histoire_, p. 310). Mais

dans son Essai sur Jean Reynaud (_Ibid._, p. 40), il insiste sur la

nécessité de ne pas mêler la morale et la religion à la recherche

scientifique. Il ne faut pas que celle-ci soit gênée par des

préoccupations étrangères, ni subordonner aux conceptions philosophiques

la règle impérative du devoir.]

[52: Une indiscrétion a permis au _Figaro_ de publier ces sonnets au

lendemain de la mort de Taine. Nous espérons qu'ils recevront une

publicité plus durable que celle d'un journal; car ils méritent d'être

conservés, par leur beauté propre et pour la lumière qu'ils jettent sur

le caractère et les idées de leur auteur. Ce sont les seuls vers qu'il

ait écrits. Leur perfection nous permet d'apprécier les dons

extraordinaires d'assimilation d'un écrivain auquel plus d'un critique a

refusé la facilité, trompé par sa puissance.]

[53: M. Jules Simon a consacré à Michelet une très intéressante notice,

pleine de souvenirs personnels, dans le volume intitulé: _Mignet,

Michelet, Henri Martin_. On trouvera aussi une étude biographique sur

Michelet dans les _Études biographiques et littéraires_ de M. O.

d'Haussonville.]

[54: Michelet, _Histoire de France_, II, page 80.]

[55: _Le Peuple_, page 22.]

[56: _Le Peuple_, page 26.]

[57: _Le Peuple_, page 30.]

[58: Guizot ne lui fut jamais sympathique. Ils eurent des relations

assez suivies vers 1830; et quand Guizot devint ministre en 1833, il

prit Michelet pour son suppléant à la Faculté des lettres. Mais le bon

accord dura peu. Dès 1835, Guizot lui préféra un catholique fervent, M.

Ch. Lenormant. Les hardiesses de Michelet l'effrayaient. Celui-ci, de

son côté, ne goûta jamais le talent de Guizot. Il lui reprochait d'être

peu français dans sa tournure d'esprit, trop anglais dans ses idées

politiques, et surtout de manquer du sens de la vie. Un jour, à

l'Académie, dans une discussion sur les poèmes de l'Inde, dont Guizot

critiquait l'exubérance, Michelet éclata tout à coup: «Vous ne pouvez

les comprendre, s'écria-t-il, vous avez toujours haï la vie.»]

[59: Dans d'intéressants articles de la _Revue politique et littéraire_

(15, 22 et 29 août 1874), M. Despois a cité un passage du cours de

Michelet à la Faculté des lettres en 1835, où il expliquait comment

l'historien, pour bien comprendre le passé, devait apporter à son étude,

non une froideur impartiale, mais une sympathie chaleureuse, capable de

s'éprendre successivement de toutes les manifestations les plus diverses

de l'esprit humain. Je donne en entier ce passage curieux, dont M.

Despois n'a cité que quelques lignes. On avait reproché à Michelet

d'être partial en faveur de Luther. «On pourrait me reprocher également,

répliqua-t-il, d'être partial en faveur des Vaudois, comme plus tard en

faveur de sainte Thérèse et de saint Ignace de Loyola. C'est cependant

pour l'histoire une condition indispensable que d'entrer dans toutes les

doctrines, que de comprendre toutes les causes, que de se passionner

pour toutes les affections. Une idée ne se produit qu'à la condition

d'être dans l'esprit humain et d'aider au développement général de

l'humanité. Aussi est-elle toujours bonne, toujours utile, toujours

nécessaire. L'histoire déroule une vaste psychologie qui embrasse dans

un ordre successif toutes les notions, toutes les facultés qui

constituent l'intelligence de l'homme; chaque notion, chaque faculté se

révèle tour à tour sous la forme d'un parti, d'une nation, d'une

doctrine, et fait à travers les événements sa fortune dans le monde.

Comment s'étonner que l'histoire trouve des sympathies pour l'homme tout

entier, pour sa raison, son imagination, son cœur, pour la liberté et

pour la grâce, pour le dogme et pour la morale? Qu'il recueille çà et là

les parties afin de reconstruire l'ensemble et qu'il les honore et les

aime toutes, puisque dans toutes il voit se refléter cette image sacrée

de lui-même que Dieu a jetée dans l'homme seulement.» (_Journal de

l'instruction publique_, 25 janvier 1835.)]

[60: J. Grimm fut toujours pour lui le type accompli du savant. Après la

guerre de 1870, navré de la dureté que les Allemands avait montrée dans

la victoire, il me disait: «Si Grimm avait été là, je suis sûr qu'il

aurait protesté au nom de l'humanité et de la justice. Mais il n'y a

plus de Grimm en Allemagne.» Je doute beaucoup, pour ma part, que Grimm

eût protesté.]

[61: Quinet, poète, historien, philosophe, enseignait l'histoire des

littératures du midi de l'Europe. Mickiewicz, le grand poète polonais,

occupait la chaire de langue et de littérature slaves.]

[62: Quinet et Michelet avaient pris l'un et l'autre _les Jésuites_ pour

sujet de leur cours, et firent paraître ce volume en commun, les idées

développées par Michelet dans ce cours n'étaient pas nouvelles chez lui.

Nous les retrouvons dans des notes de l'École normale de 1831. Il faut

renoncer à la légende qui nous montre Michelet devenant hostile au

catholicisme parce qu'il a été attaqué par l'abbé Des Garets.]

[63: Michelet avait fait un dépouillement très complet des registres de

la Commune, détruits depuis par les incendies de mai 1871. Il en a tiré

une foule de renseignements curieux qui ne se trouvent pas dans les

autres histoires de la Révolution. Il avait aussi attentivement étudié

les archives de Nantes pour la guerre de Vendée.]

[64: On trouvera plus loin une étude spéciale sur Michelet éducateur.]

[65: _La Sorcière_, chap. VII, au sujet du jour des morts.]

[66: _Nos Fils_, page 422. Ce culte pour les morts se montrait chez lui

par des traits touchants. Il souffrait à la vue d'une tombe mal soignée,

et quand il allait visiter les siens au Père-Lachaise, il lui arrivait

souvent de faire orner de fleurs les tombes voisines de celles de ses

proches. Il fit même une fois refaire la grille brisée du tombeau d'une

personne qui lui était entièrement inconnue. Grâce à la libéralité de la

Ville de Paris et à une souscription à laquelle la France entière a

contribué, un admirable monument, dû au ciseau du sculpteur Mercié,

honore la mémoire de Michelet, dans ce cimetière du Père-Lachaise, qui

était une de ses promenades favorites.]

[67: _Le Peuple_, page 352.]

[68: Sully Prudhomme].

[69: _Histoire de la Révolution_, 2e édition, page 4.]

[70: On a dit que Michelet avait commencé, comme Victor Hugo, par être

royaliste fervent. Cela est inexact. On en trouvera la preuve dans notre

premier appendice sur le Journal intime de Michelet. Il appartenait à

l'école libérale de la Restauration, tout en se défiant plus qu'elle du

bonapartisme. Il admirait l'empereur, mais se souvenait qu'il avait

ruiné son père et la France. Il évita longtemps de rien écrire sur

Napoléon, se sentant trop partial contre lui. Quand, à la fin de sa vie,

il entreprit l'histoire de Bonaparte, on a vu la force de ses

ressentiments. Ce qui a fait croire au royalisme de Michelet, c'est

qu'il donna des leçons à la fille du duc de Berry, plus tard duchesse de

Parme, alors âgée de huit ans, et ressentit pour elle une tendresse dont

il aima toujours à se souvenir. «Elle a ému mes entrailles de père»,

disait-il.--Il avait d'ailleurs un sens historique trop profond pour

s'associer aux étroitesses intellectuelles des hommes de parti. Les

dernières paroles qu'il a prononcées avant de mourir en sont un curieux

témoignage. Sortant d'une demi-torpeur, il dit tout à coup: «On eût dû

faire manger à Henri V des cœurs de lion.--Pourquoi? lui

demanda-t-on.--Parce qu'il aurait eu le tempérament plus militaire.»

Sans vouloir attacher un sens trop précis à ces paroles, ne semble-t-il

pas que Michelet ait eu à ce moment le sentiment que la faiblesse de la

France contemporaine vient de la rupture de toutes ses traditions

historiques? N'a-t-il pas éprouvé un vague regret, regret d'historien et

d'ami de la vieille France, en pensant qu'Henri V eût pu peut-être

renouer ces traditions, s'il avait été capable de comprendre les

aspirations légitimes et les besoins du monde moderne?]

[71: Sa plus vive admiration était Virgile. «Je suis né, disait-il, de

Virgile et de Vico.» Il méditait un commentaire sur Virgile. Il fit en

1841 un voyage en Lombardie pour voir les lieux où Virgile a vécu et

qu'il a chantés. Nous trouvons dans le _Peuple_ un témoignage éloquent

de cette prédilection pour Virgile, prédilection du cœur plus encore que

de l'esprit: «Tendre et profond Virgile! moi qui ai été nourri par lui

et comme sur ses genoux, je suis heureux que cette gloire unique lui

revienne, la gloire de la pitié et de l'excellence du cœur... (Michelet

vient de parler des beaux vers de Virgile sur le bœuf de labour, et des

vers à Gallus: _nec te pœniteat pecoris_). Ce paysan de Mantoue, avec sa

timidité de vierge et ses longs cheveux rustiques, c'est pourtant, sans

qu'il l'ait su, le vrai pontife et l'augure, entre deux mondes, entre

deux âges, à moitié chemin de l'histoire. Indien par sa tendresse pour

la nature, chrétien par son amour de l'homme, il reconstitue, cet homme

simple, dans son cœur immense, la belle cité universelle dont rien n'est

exclu qui ait vie, tandis que chacun n'y veut faire entrer que les

siens». P. 232. Voyez aussi dans le _Banquet_, l'admirable chapitre sur

Virgile.]

[72: _Le Peuple_, page 228.]

[73: Il fut ce _bon maître_ pour plus d'un. Il avait toujours avec lui

des oiseaux, il les emmenait en voyage. Il y avait un pinson surtout à

qui toute la maison obéissait.]

[74: _L'Oiseau_, page 57.]

[75: _Bible de l'humanité_, page 486.]

[76: «L'empereur Nicolas, disait-il, suffirait pour me faire croire à la

vie future.»]

[77: Il eut pourtant vers dix-huit ans une période de mysticisme et de

foi; n'ayant pas reçu le baptême dans son enfance, il se fit

volontairement baptiser en 1816. Mais, dans ses premiers écrits, on voit

que, s'il conserve du respect pour l'Église, il n'a plus la foi. Sa foi

même n'a jamais été précise. Elle était plus mystique et sentimentale

que dogmatique. Les dogmes n'ont jamais été pour lui que des symboles.

(Voyez l'appendice).]

[78: _Mémoires de Luther_, préface.]

[79: Page 361.]

[80: Chose curieuse; à l'École normale, en 1830, il montrait dans

l'avènement du christianisme le premier triomphe d'une religion de

liberté sur les religions fatalistes de l'Orient. La Grâce représentait

à ses yeux le libre arbitre en opposition à la loi qui était la

fatalité. Combien les généralisations de ce genre, faites d'imagination

et de passion, sont arbitraires et superficielles.]

[81: _Bible de l'humanité_, préface.]

[82: _Nos Fils_, page 35.]

[83: _La Montagne_, p. 344.]

[84: _Ibid_.]

[85: _La Sorcière_, page 99.]

[86: _La Montagne_, page 202.]

[87: _Mon journal_, 1820-1823. Paris, Marpon et Flammarion, 1888.

In-12.--Les dates 1820-1823 sont inexactes. Le journal intime ne

comprend que les années 1820-1822; le journal des idées s'étend de 1818

à 1829; la liste des lectures également.]

[88: _Le Banquet_, 1879; _Rome_, 1891; _sur les Chemins de l'Europe_,

1893.]

[89: Voyez _Ma Jeunesse_.]

Renan, Taine, Michelet: Les maîtres de l'histoire · 第 42 / 42 题