VII. Des démentis fous.

VIII. Conclusion sur la manière d'arracher ou de rendre le démenti; ou

la contradiction querelleuse.

Dans le chapitre du démenti conditionnel, l'auteur dit, en parlant de

la particule _si_: «Les démentis conditionnels sont ceux qui sont donnés

conditionnellement de cette manière: Si vous avez dit cela ou cela,

alors vous mentez.» De ces sortes de démentis, donnés dans cette forme,

naissent souvent de grandes disputes, qui ne peuvent aboutir à une issue

décidée. L'auteur entend par là que les deux parties ne peuvent procéder

à se couper la gorge, tant qu'il y a un _si_ entre deux. Voilà pourquoi

Shakspeare fait dire à son paysan: «J'ai vu des cas où sept juges

ensemble ne pouvaient parvenir à pacifier une querelle: mais lorsque

deux adversaires venaient à se joindre, l'un des deux ne faisait que

s'aviser d'un _si_, comme, _si vous avez dit cela, alors moi j'ai dit

cela_; et ils finissaient par se serrer la main et à être amis comme

frères. Votre si est le seul juge de paix: il y a beaucoup de vertu dans

le _si_.» Caranza était encore un auteur qui a écrit dans ce goût-là sur

le duel, et dont on consultait l'autorité.]

JACQUES, _au duc_.--N'est-ce pas là, seigneur, un rare original? Il est

bon à tout, et cependant c'est un fou.

LE VIEUX DUC.--Sa folie lui sert comme un cheval de chasse à la

tonnelle; et sous son abri, il lance ses traits d'esprit.

(Entrent l'Hymen conduisant Rosalinde en habits de femme, et Célie. Une

musique douce.)

L'HYMEN _chante_.

Il y a joie dans le ciel

Quand les mortels sont d'accord,

Et s'unissent entre eux.

Bon duc, reçois ta fille;

L'hymen te l'amène du ciel,

Oui, l'hymen te l'amène ici,

Afin que tu unisses sa main

A celle de l'homme dont elle porte le coeur dans son sein.

ROSALINDE, _au duc_.--Je me donne à vous, car je suis à vous. (_A

Orlando._) Je me donne à vous, car je suis à vous.

LE VIEUX DUC, à _Rosalinde_.--S'il y a quelque vérité dans la vue, vous

êtes ma fille.

ORLANDO.--S'il y a quelque vérité dans la vue, vous êtes ma Rosalinde.

PHÉBÉ.--Si la vue et la forme sont fidèles..., adieu mon amour.

ROSALINDE, _au duc_.--Je n'aurai plus de père, si vous n'êtes le mien.

(_A Orlando._) Je n'aurai point d'époux, si vous n'êtes le mien. (_A

Phébé._) Je n'épouserai pas d'autre femme que vous.

Comme il vous plaira · 第 58 / 63 题