La rivalité qui s'est établie entre les deux grandes cités maritimes de
la Méditerranée est digne d'attention et, chaque année, on note avec
soin les péripéties de ce duel, dont le résultat pourrait être fatal à
l'un des deux adversaires en présence.
En 1904, le mouvement de Marseille est encore supérieur à celui de Gênes
de 3.614 bâtiments, 1.283.776 tonneaux et 270.889 tonnes de
marchandises.
Toutefois, l'écart, qui s'était relevé en 1903 en faveur de Marseille, a
baissé l'année dernière de 1.244 navires, 1.698.453 tonneaux de jauge et
713.363 tonnes de marchandises.
En réalité, ainsi qu'il ressort d'une étude de M. de Clercq, consul
général de France à Gênes, Marseille ne maintient sa supériorité que
grâce à son exportation. A l'entrée, le chiffre de trafic génois
surpasse de près d'un million de tonnes son concurrent marseillais; et
cela depuis plusieurs années.