A vous.»

Elles s'entendaient. Un mépris commun du maître les faisait s'unir

pour que l'une débarrassât l'autre des assiduités gênantes du viveur

sur le retour. Peut-être bien la marquise avait-elle un plan ou

soupçonnait-elle son amie de ne pas lui dire tous ses secrets d'épouse

qui a besoin de demeurer chaste. Mais elle se dévouait sincèrement!

Louis de Caumont, à partir de son escapade, renoua des intrigues et

se glissa en des lieux épouvantables. Un continuel besoin de volupté

semblait le mener à travers les sociétés les plus interlopes. Il

appelait sa femme une Mandragore. Dès qu'on respirait l'air qui

l'entourait on devenait satyre et, toujours fier de ses forces

renaissantes, il courtisait, à la fois, la comtesse, une fille du

quartier latin, la prostituée des trottoirs, les cocottes du café

Américain. Elles étaient toutes jolies, toutes savantes, toutes jeunes

... et, planant au-dessus de toutes, il revoyait l'image de Mary,

l'énigmatique créature dont les baisers versaient du feu de ses reines.

«Une cure que ce vieux Barbe n'aurait jamais faite, lui qui m'a refusé

des drogues aphrodisiaques!»--pensait l'ex-beau de quarante-trois ans,

quand il était obligé, maigrissant, de resserrer les boucles de ses

pantalons.

[Footnote 1: La cristallisation de l'acide carbonique a été découverte

en 1881 par Wroblewski.]

La Marquise de Sade · 第 17 / 19 题