La forêt domaniale de l'Estérel, ancienne propriété des évêques de
Préjus, a été portée, par deux échanges réalisés en 1889 et 1890, à une
contenance de 5.754 hectares, dont 5.562 d'un seul tenant. Elle formait
naguère un maquis souvent impénétrable où le pin maritime et le
chêne-liège prospéraient au milieu de bruyères, d'arbousiers et autres
espèces buissonnantes. Aussi, les incendies étaient fréquents; il y en
eut quatre formidables au cours du dernier siècle, et les quelques
lambeaux de vieille futaie épargnés ne renferment point d'arbres âgés de
plus d'une centaine d'années. L'administration forestière a réussi à
transformer en forêt de rapport et de tourisme un maquis jadis presque
désert; elle vient de faire connaître l'ensemble des travaux effectués
et des résultats obtenus.
On compte aujourd'hui dans la forêt de l'Estérel: 56 kilomètres de
routes de 3m,50 de largeur; 141 kilomètres de chemins; 207 kilomètres de
sentiers muletiers dits sentiers garde-feu; 155 kilomètres de tranchées
de 10 à 30 mètres de largeur; 1.300 hectares ont été entièrement
débroussaillés. Dix maisons forestières, dont huit pourvues du
téléphone, un poste permanent de guetteurs au sommet du mont Vinaigre,
de nombreux postes volants occupés seulement les jours de mistral
complètent ces mesures de protection contre l'incendie qui représentent
une dépense annuelle de 19.000 francs et ont réduit l'importance des
sinistres dans les proportions suivantes:
Périodes. Surfaces brûlées. Moyenne annuelle.
1838-1857 7.003 hectares 350 hectares
1858-1877 1.727 86
1878-1904 86 3
D'autre part, le produit des écorces de liège exploitées en régie, qui
était d'environ 16.000 kilos pour la période 1865-1876, a atteint,
depuis 1901, 64.000 kilos. Mais, par suite de la substitution des
grandes usines à l'exploitation familiale et de la concurrence
algérienne, le prix des 100 kilos d'écorce est tombé de 65 francs, en
1886, à 38 francs. Or, c'est là le maximum, rarement atteint, du
rendement à l'hectare. Le bois du pin sylvestre, au contraire, qui doit
au climat et à la nature du sol des propriétés exceptionnelles, s'est
maintenu à 11 francs le mètre cube. Il suffit donc de 3 mètres cubes de
bois à l'hectare pour donner un revenu supérieur à celui du liège.
Aussi, tout en laissant une certaine place à la culture du chêne-liège,
l'administration forestière a renoncé à en faire la base principale de
son exploitation du domaine de l'Estérel.
[Illustration: Officiers japonais dans la nouvelle (au centre) et
l'ancienne tenue de campagne.]
[Illustration: La coiffure «Renault».]
[Illustration: La coiffure «Richard-Brasier».]