VI

Hélas! les temps sont loin des phlox incarnadins

Et des roses d'orgueil illuminant ses portes,

Mais, si fané soit-il et si flétri--qu'importe!--

Je l'aime encor de tout mon cœur, notre jardin.

Sa détresse parfois m'est plus chère et plus douce

Que ne m'était sa joie aux jours brûlants d'été;

Oh! le dernier parfum lentement éventé

Par sa dernière fleur sur ses dernières mousses!

Je me suis égaré, ce soir, en ses détours

Pour toucher de mes doigts fervents toutes ses plantes;

Et tombant à genoux, parmi l'herbe tremblante

J'ai longuement baisé son sol humide et lourd.

Et maintenant qu'il meure et maintenant que viennent

Et s'étendent partout et la brume et la nuit;

Mon être est comme entré dans sa ruine à lui

Et j'apprendrai ma mort en comprenant la sienne.

Les Heures du Soir - Précédées de les Heures claires, Les Heures d'après-midi · 第 74 / 94 题