XVIII

Les jours de fraîche et tranquille santé,

Lorsque la vie est belle ainsi qu'une conquête,

Le bon travail prend place à mes côtés,

Comme un ami qu'on fête.

Il vient des pays doux et rayonnants,

Avec des mots plus clairs que les rosées,

Pour y sertir, en les illuminant,

Nos sentiments et nos pensées.

Il saisit l'être en un tourbillon fou;

Il érige l'esprit, sur de géants pilastres;

Il lui verse le feu qui fait vivre les astres;

Il apporte le don d'être Dieu tout à coup.

Et les transports fiévreux et les affres profondes,

Tout sert à sa tragique volonté

De rajeunir le sang de la beauté,

Dans les veines du monde.

Je suis à sa merci, comme une ardente proie.

Aussi, quand je reviens, bien que lassé et lourd,

Vers le repos de ton amour,

Avec les feux de mon idée ample et suprême,

Me semble-t-il--oh! qu'un instant--

Que je t'apporte, en mon cœur haletant,

Le battement de cœur de l'univers lui-même.

Les Heures du Soir - Précédées de les Heures claires, Les Heures d'après-midi · 第 57 / 94 题