La Pucelle de Voltaire, 1762, in-8.
La Dunciade, ou la Guerre des Sots, 2 vol. in-8, br.
Meursii Elegantiæ latini sermonis, 1657, in-12.
L’Académie des Dames, figures, in-12, maroq.
Angola, 2 vol. in-12.
Le Berceau de la France, in-12.
La Berlue, 1759, in-12.
Les Bijoux indiscrets, 2 vol. in-8, fig.
Le B..... (Bidet), histoire bavarde, 1749.
Candide, 1761, in-12, br.
Canevas de la Pâris, ou Mémoires pour l’histoire du Roule, in-12.
Cléon, rhéteur cyrénéen.--Le Canapé couleur de feu, in-12, maroq.
Le Cousin de Mahomet, 2 vol. in-12.
L’École de la Volupté.--Essai sur l’esprit et les beaux
esprits.--Politique du Médecin, de Machiavel, in-12.
La Fille de Joie, 1751.--Mlle Javotte, 1758, in-12.
Histoire du prince Apprius, in-12.
Histoire de la Brion, de la comtesse de Launay.--Vénus dans le
cloître, ou la Religieuse en chemise, in-12.
Hipparchia, histoire grecque, in-12, maroq.
L’Homme au Latin, ou la Destinée des Savants, 1769, in-8.
Le Huron, ou l’Ingénu, 2 vol. in-12.
Les Lauriers ecclésiastiques.--Mémoires pour la Fête des Fous,
in-8.
Margot la Ravaudeuse.--L’Art d’aimer et le Remède d’amour, in-8,
maroq.
La Messaline, in-12, br.
La Princesse de Babylone, in-8, br.
Les Reclusières de Vénus, in-8.
Le Sopha, 2 vol. in-12.
Tanzaï et Néardané, 2 vol. in-12.
La Tourière des Carmélites.--L’Origine des C..... sauvages,
in-12, br.
Le Moyen de parvenir, 2 vol. in-12.
Le Cabinet satirique, in-8, maroq.
La Légende joyeuse, ou les Leçons de Lampsaque, in-12.
Pièces libres de Ferrand.--Nocrion, conte allobroge.--Tourière
des Carmélites, in-12, maroq.
Poésies galantes latines et françaises, 2 vol. in-12, et un
volume italien.
Passe-temps des Mousquetaires, in-12.
Le Balai, poëme, in-8.
Aventures de Pomponius, 1724, in-12.
Mémoires pour..... l’Histoire de Perse, 1746, in-12.
Amours de Zeokinizul, roi des Kofirans, in-12.
La Dernière Guerre des Bêtes, 1758, in-12.
Mémoires de Mme de Pompadour, 2 vol. in-12.
L’Espion chinois, 3 vol. in-12, br., 1765.
Mémoires de M. de T....., maître des requestes, in-8, Mss.
Jean danse mieux que Pierre, in-12.
Les Jésuites en belle humeur, 1760, in-12.
Histoire de la Bastille, 5 vol. in-12, br., figures.
Histoire amoureuse des Gaules, 5 vol. in-12.
Extrait du Dictionnaire de Bayle, 2 vol. in-8, br.
Analyse de Bayle, 4 vol. in-12.
Cette liste est intéressante; on y voit figurer des ouvrages peu
édifiants, il est vrai, mais très-littéraires, tels que le _Moyen
de parvenir_, le _Cabinet satirique_, etc., qui se trouvent souvent
décrits dans la plupart des catalogues de vente imprimés à cette
époque. On y rencontre naturellement quelques écrits hétérodoxes de
Voltaire, de Fréret, du baron d’Holbach, de J.-J. Rousseau; mais on
peut supposer que la qualité du propriétaire de cette bibliothèque fut
pour beaucoup dans la proscription des livres, qu’on n’a pas voulu
laisser vendre sous la garantie du nom d’un commissaire au Châtelet
de Paris. C’est ainsi que, dans ces derniers temps, le Conseil de
l’instruction publique s’est ému du Catalogue des livres plus que
légers qui composaient la bibliothèque de feu Noël, ancien inspecteur
de l’Université, et a exigé l’épuration de cette bibliothèque avant
la vente. Quoi qu’il en soit, les experts désignés à l’effet d’épurer
aussi le Catalogue des livres de M. de Rochebrune n’ont pas pris garde
à certains ouvrages plus hardis et plus scabreux que ceux qu’ils
retranchaient. Nous citerons les suivants qui sont restés à leur place
dans le Catalogue.
Nos 2270. Contes très-mogols. _Paris_, 1770, in-12.
2319. Aventures philosophiques. _Tonquin_, 1766, in-12.
2334. Cela est singulier, histoire égyptienne, 1752, in-18,
imprimé sur papier bleu.
2353. Giphantie. _Babylone_, 1760, in-12.
2374. Histoire et Aventures de dona Rufine. _Paris_, 1751, in-12.
2383. Kanor, conte traduit du sauvage. _Amsterdam_, 1750, in-12.
2387. Les Libertins en campagne. _Au Quartier-Royal_, 1710, in-12.
2389. Lucette, ou les Progrès du libertinage. _Londres_, 1765, 3
vol. in-12.
2425. Mille et une Fadaises, contes à dormir debout. 1742, in-12.
2433. Les Nouvelles Femmes. _Genève_, 1761, in-8.
2435. La Nuit et le Moment, ou les Matinées de Cythère.
_Londres_, s. d., in-12.
2436. On ne s’y attendait pas. _Paris_, 1773, 2 vol. in-12.
2443. Le Plaisir et la Volupté, conte allégorique, 1752, in-12.
2447. Psaphion, ou la Courtisane de Smyrne. 1748, in-12.
2458. Les Sonnettes, ou Mémoires du marquis de... 1751, in-12.
2460. Tant mieux pour elle. In-12.
2464. Les Têtes folles. _Paris_, 1753, in-12.
2372. Zéphirine, ou l’Époux libertin, anecdote volée.
_Amsterdam_, 1771, in-8.
Ce sont précisément ces petits romans de galanterie transcendante que
les censeurs de l’Université ont supprimés dans le Catalogue de feu
Noël, sans doute parce qu’ils les connaissaient bien: _experto crede
Roberto_. Les experts de 1774 n’avaient pas probablement la science
infuse en ces sortes de matières. L’échantillon que nous avons donné du
Catalogue de Rochebrune suffira pour prouver que ce joyeux commissaire
était digne d’être l’ami de Crébillon fils et du chevalier de Mouhy.
PRIX
DES
LIVRES DE THÉOLOGIE
EN 1797.
Lors de la suppression des ordres monastiques et des maisons
religieuses, il y eut une baisse immédiate dans le prix des livres
de théologie, non-seulement parce que les bibliothèques de couvents
contenaient une énorme quantité de ces sortes de livres, qui allaient
inévitablement rentrer dans la circulation commerciale, mais parce
que les fonds des éditions publiées par les Bénédictins de Saint-Maur
et par d’autres congrégations se trouvaient accumulés dans des dépôts
qui devenaient propriété nationale. Pendant cinq ou six ans, en effet,
ces beaux livres, si précieux pour l’histoire, furent frappés d’un tel
discrédit, qu’on les vendait au poids du papier, et qu’on détruisait
ainsi des éditions presque entières. Quelques libraires pressentirent
alors que les grandes collections des Pères, des Conciles, des
historiens de l’Église, reprendraient bientôt leur valeur; ils
achetèrent, comme papier à la rame et comme vieux papier, tout ce
qu’ils purent trouver dans ce genre, et ils ne tardèrent pas, en effet,
à réaliser d’énormes bénéfices, en vendant à l’étranger d’abord,
et, peu de temps après, en France, ces ouvrages excellents, dont le
Gouvernement avait, pour ainsi dire, provoqué la destruction.
Une vente à l’encan, qui eut lieu à Paris, rue et porte Saint-Jacques,
les 15 et 16 floréal an VI (1797), révéla tout à coup une hausse
inattendue sur les livres de théologie que le libraire chargé de la
vente avait osé admettre dans une notice sommaire. Ravier, qui publiait
alors son _Journal de la librairie et des arts_, y inséra un extrait de
cette notice, qu’il fit précéder des observations suivantes, que nous
croyons devoir reproduire à cause de leur justesse, malgré leur mauvais
style; c’est un document curieux pour constater les variations du prix
des livres:
«Nous insérons la notice suivante, quoique peu conséquente,
parce qu’elle contient un genre de livres qu’on ne rencontre
pas très-fréquemment dans les ventes, la plus grande partie
des bibliothèques qui les contenoient ayant été fondues dans
les dépôts nationaux; on sera surpris de voir que des livres,
qu’on ne croyoit pas susceptibles aujourd’hui d’un grand
produit, aient été portés à leur ancienne valeur, et plus
surpris que le Gouvernement n’ait pas été conseillé, lorsqu’il
en étoit encore temps, de faire passer, en Espagne, en Portugal
et en Italie, ces masses énormes, qu’il auroit pu échanger
très-avantageusement. Il n’est plus temps aujourd’hui de
s’occuper de cette idée; les circonstances ont fixé, dans tous
les gouvernements, et dans les corporations religieuses surtout,
cet esprit d’inquiétude qui s’accorde moins avec les acquisitions
de ce genre qu’avec tout autre. Il ne reste d’autre moyen d’en
tirer parti que de les verser dans le commerce, ce dont on nous
menace tous les jours; mais, si ce projet s’effectue, les volumes
de 15 à 18 francs, la plupart de ces chefs-d’œuvre d’impression
se vendront au poids, et, pour retirer une goutte d’eau, le
Gouvernement aura porté le dernier coup au commerce. Ainsi, pour
n’avoir pas saisi le moment opportun de s’en défaire, il se
trouve aujourd’hui dans l’impérieuse nécessité de les conserver.»
J. Menochii Commentarii totius Scripturæ, studio R. J. de
Tournemine. _Parisiis_, 1719; 2 vol. in-fol., 19 fr. (Valeur
actuelle, selon le _Manuel du Libraire_, de Brunet, 24 à 30 fr.;
estimé 30 à 45 fr.)
Œuvres de Bossuet. _Paris_, 1743, 20 vol. in-4, v. m., 106 fr.
(Selon Brunet, 100 fr. environ, après avoir valu 250 à 300 fr.
sous la Restauration; estimé 150 à 180 fr.)
J. Goar, Rituale Græcorum, gr. et lat. _Parisiis_, 1647, in-fol.,
18 fr. (Selon Brunet, 30 fr.)
Pontificale romanum, in-fol., fig.; net 10 fr. (Selon Brunet, 20
à 24 fr.)
J. Cottelerii Patres apostolici, gr. et lat., ex edit. J.
Clerici. _Amsterd._, 1724; 2 vol. in-fol., 35 fr. (Selon Brunet,
120 à 150 fr.)
L. Dacherii Spicilegium veterum aliquot scriptorum. _Parisiis_,
1723; 8 vol. in-fol., 30 fr. (Selon Brunet, 100 fr.; estimé 150 à
180 fr.)
Ecclesiæ Græciæ monumenta, gr. et lat., ex edit. J. Cottelerii,
_Parisiis_, 1677; 3 vol. in-4, 15 fr. (Selon Brunet, 30 à 36 fr.;
estimé 60 à 90 fr.)
S. Justini opera, gr. et lat., ex edit. Benedictinorum.
_Parisiis_, 1742; in-fol., 20 fr. (Selon Brunet, 40 à 48 fr.;
estimé 50 à 80 fr.)
S. Cypriani opera, ex edit. Steph. Baluzii. _Parisiis_, 1726;
in-fol., 19 fr. (Selon Brunet, 36 à 40 fr.; estimé 50 à 70 fr.)
S. Irenei opera, gr. et lat., ex edit. B. Massuet. _Parisiis_,
1710; in-fol., 18 fr. (Selon Brunet, 40 à 48 fr.; estimé 40 à 60
fr.)
S. Hilarii opera, gr. et lat., ex edit. Petri Constant.
_Parisiis_, 1693; in-fol., 13 fr. (Selon Brunet, 30 à 36 fr.;
estimé 40 à 60 fr.)
S. Cyrilli Hierosolymitani opera, gr. et lat., ex recensione A.
Touttée. _Parisiis_, 1720; in-fol., 18 fr. (Selon Brunet, 36 à 48
fr.; estimé 50 à 70 fr.)
S. Basilii magni opera, gr. et lat., ex edit. J. Garnier.
_Parisiis_, 1721; 3 vol. in-fol. (Selon Brunet, 120 à 150 fr.;
estimé 150 à 180 fr.)
S. Ambrosii opera, ex edit. Le Nourry. _Parisiis_, 1686; 2 vol.
in-fol., 65 fr. (Selon Brunet, 70 à 72 fr.; estimé 70 à 100 fr.)
S. Joannis Chrysostomi opera, gr. et lat., ex edit. Bern. de
Montfaucon. _Parisiis_, 1718; 13 vol. in-fol., 200 fr. (Selon
Brunet, 500 à 600 fr.; estimé 800 fr.)
S. Hieronymi opera, ex edit. Ant. Pouget. _Parisiis_, 1693; 5
vol. in-fol., 94 fr. (Selon Brunet, 120 à 150 fr.; estimé 200 à
250 fr.)
S. Augustini opera, ex edit. Benedictinorum. _Parisiis_, 1679; 8
vol. in-fol., 73 fr. (Selon Brunet, 200 à 250 fr.; estimé 250 à
350 fr.)
S. Leonis magni opera, ex edit. Pascasii Quesnel. _Lugduni_,
1700; in-fol. Réuni à l’article suivant, faute d’acquéreur.
S. Prosperi opera, ex edit. L. Mangeart. _Parisiis_, 1711;
in-fol., 18 fr. (Selon Brunet, 24 à 36 fr.; estimé 40 à 50 fr.
Quant à l’édition des Œuvres de saint Léon, en un seul volume,
elle est peu estimée en comparaison des éditions de Rome et de
Venise, en 3 vol in-fol. chacune; néanmoins, elle vaut bien 15 à
25 fr.)
S. Gregorii magni opera, ex edit. Benedictinorum. _Parisiis_,
1705; 4 vol. in-fol., 71 fr. (Selon Brunet, 80 à 120 fr.; estimé
150 à 200 fr.)
Guarini Grammatica hebraica et lexicon, 4 vol. in-4, v. m., 54
fr. (Selon Brunet, 40 à 48 fr.; estimé 50 à 80 fr.)
On voit, par le rapprochement de ces différents prix à cinquante et
soixante ans d’intervalle, que les bons livres tombés au rabais par
suite de circonstances qu’on peut appeler de force majeure, ne manquent
jamais de se relever et de remonter à leur ancien prix, sinon à un
prix supérieur. Ainsi la vente du C***, au mois de floréal an VI, fut
comme le signal de la hausse qui n’a pas cessé depuis de favoriser
le commerce des grands ouvrages de théologie, et qui ne paraît pas
même s’être arrêtée par suite de la réimpression à bon marché de ces
ouvrages, indispensables à toute bibliothèque d’érudition.
PLAN D’UNE ÉDITION
DES
OPUSCULES D’ANTOINE-ALEXANDRE BARBIER.
Les bibliographes sont généralement un peu paresseux, dès qu’il s’agit
de publier; ils travaillent beaucoup, ils travaillent sans cesse; ils
entreprennent et ils mènent à bonne fin des ouvrages immenses, dont
l’idée seule épouvanterait le littérateur le plus prodigue de son
encre, mais qu’on ne leur parle pas de faire imprimer: ils n’ont jamais
fini la tâche qu’ils se sont imposée, ils ne la jugent jamais assez
parfaite, ils veulent toujours y ajouter, et ils y ajoutent toujours.
Voilà comment tant de beaux travaux bibliographiques restent inédits,
quoique achevés. Adry, Mercier de Saint-Léger, Beaucousin et tant
d’autres, ont laissé une prodigieuse quantité de notes manuscrites qui
feraient d’excellents livres.
Cet exorde n’a pas d’autre objet que de chercher querelle (et Dieu
fasse qu’il me le pardonne!) à mon cher et savant collègue, M.
Louis Barbier, directeur de la Bibliothèque du Louvre. Je l’accuse
hautement de négligence, sinon de paresse, à l’égard de l’admirable
monument bibliographique élevé par son illustre père, et continué par
lui avec tant de zèle et de persévérance; oui, je lui reproche, dans
un sentiment d’affectueuse et sincère sympathie qu’il appréciera, de
ne pas faire paraître une nouvelle édition augmentée et complète du
_Dictionnaire des anonymes et pseudonymes_. Ce dictionnaire, dont la
seconde édition (Paris, Barrois, 1822-27, 4 vol. in-8) est épuisée
depuis plus de trente ans, n’est pas seulement un livre utile et
vraiment digne d’estime, c’est un livre nécessaire, indispensable
pour quiconque s’occupe de bibliographie; tout le monde désire, tout
le monde attend une réimpression que M. Louis Barbier nous a promise,
et qu’il nous doit, à nous tous qui sommes les humbles et fidèles
disciples de l’auteur du célèbre _Dictionnaire des anonymes_.
Ce dictionnaire est presque un chef-d’œuvre de critique et d’érudition;
on peut le perfectionner en certaines parties, on peut l’augmenter et
l’étendre, on peut surtout le continuer jusqu’à présent, mais il ne
faut pas songer à le refondre ou à le refaire sur un nouveau plan. Ce
serait en détruire l’économie et lui ôter sa valeur intrinsèque. Il
s’agit là d’un ouvrage essentiellement remarquable, connu partout, cité
sans cesse et adopté d’une manière définitive. Si cet ouvrage était
de ceux qui changent de forme et qui se remplacent par d’autres plus
complets et mieux exécutés, les exemplaires qu’on voit passer de temps
en temps dans les ventes publiques trouveraient-ils acquéreur au prix
de 70 à 80 francs? Au reste, nous savons, de bonne source, que M. Louis
Barbier n’a pas cessé depuis trente-cinq ans de préparer l’édition que
nous lui demandons avec instances aujourd’hui, au nom des bibliographes
et des bibliophiles, pour l’honneur de la mémoire de son digne père.
Mais ce n’est point assez, et s’il fait droit à notre demande, comme
nous l’espérons, nous sommes déterminés à lui demander davantage. Il
ne prendra pas, Dieu merci, nos demandes en mauvaise part. Nous lui
demandons, dès à présent, de réunir les opuscules bibliographiques
d’Antoine-Alexandre Barbier, et de les publier aussi, pour la plus
grande joie des bons bibliophiles. Il y a maintenant un public, et
même un public nombreux et passionné, pour ces sortes de publications.
Les brochures que Peignot faisait imprimer à petit nombre pour
les distribuer à ses amis, qui ne les lisaient pas toujours, sont
recherchées maintenant par les amateurs, qui se les disputent dans
les ventes, à des prix de plus en plus excessifs. Quand Techener
recueillera les œuvres bibliographiques de Charles Nodier, il trouvera
plus de souscripteurs que le charmant conteur et spirituel écrivain
n’en eut pour ses romans et ses nouvelles fantastiques. Le moment est
bon, ce me semble, pour rassembler en corps d’ouvrage les travaux
épars, oubliés ou inconnus, d’un bibliographe.
Antoine-Alexandre Barbier a été un des meilleurs collaborateurs de
Millin, et il a répandu quantité de mémoires, de notices et de
lettres dans la volumineuse collection du _Magasin_ et des _Annales
encyclopédiques_, collection précieuse que les grandes bibliothèques
publiques ne possèdent pas. Auparavant, il coopérait à la rédaction
du _Mercure de France_; plus tard, il a prêté son concours à d’autres
recueils périodiques, ainsi qu’à diverses publications collectives.
Tout ce qu’il a écrit pour les journaux et pour les encyclopédies est
marqué au coin d’un rare esprit de critique. Aucun de ses contemporains
ne fut initié mieux que lui aux détails intimes de l’histoire
littéraire, non-seulement pour la France, mais encore pour les pays
étrangers. Personne ne traitait comme lui un point de bibliographie
raisonnée; personne ne composait plus solidement un article de
biographie; personne, en un mot, ne faisait un meilleur usage des
livres, et personne ne savait mieux les juger.
N’est-il pas étrange et monstrueux que des travaux si utiles et si
estimables soient comme non avenus, et se trouvent enfouis çà et là
dans des collections qu’on ne lit plus? Eh bien! je propose d’en
extraire avec soin tout ce qui doit former les œuvres bibliographiques
et critiques de l’auteur du _Dictionnaire des Anonymes_. Quelques-unes
de ces notices ont été tirées à part, et même le marquis de
Chateaugiron avait fait imprimer à dix exemplaires un titre destiné à
les réunir en volume. Ces dix exemplaires, que sont-ils devenus? Nous
n’en avons pas vu passer un seul dans le flot incessant des ventes de
livres. Mais un volume ne suffit pas pour nous contenter, il en faut
trois, il en faut quatre et davantage, si notre cher collègue, M.
Louis Barbier, nous donne satisfaction en publiant les travaux inédits
de son père, notamment les rapports que le bibliothécaire de l’empereur
Napoléon Ier rédigeait, par ordre, sur des ouvrages anciens et nouveaux.
Voici comment j’entendrais la division des œuvres d’Antoine-Alexandre
Barbier.
I. _Lettres bibliographiques._ Je comprendrais sous ce titre les
lettres de différents genres que l’auteur a fait insérer dans les
journaux, de 1795 à 1825. Je vais citer, sans ordre méthodique, celles
de ces lettres qui sont venues à ma connaissance.
Lettres relatives à divers points d’histoire littéraire. (_Clef
du cabinet des souverains_, nos 1717, 1331, 1334 et 1785.)
Lettre aux rédacteurs des Soirées littéraires. (T. III, p. 142 de
ce Recueil.)
Lettre sur l’Histoire de Marie Stuart, par Mercier, de Compiègne.
(_Mercure de France_, t. XX, p. 236.)
Lettre sur le Gouvernement civil de Locke, et particulièrement
sur les traductions françaises de cet ouvrage. (_Ibid._, t. XXII,
p. 29.)
Lettre sur les Aventures de Friso, par Guillaume de Haren,
traduites par Jansen, et sur la littérature hollandaise.
(_Ibid._, t. XXIII, p. 3.)
Lettre sur le jugement que l’auteur des Soirées littéraires a
porté du philosophe Favorin et de J.-J. Rousseau. (_Ibid._, t.
XXVI, p. 357.)
Lettre sur l’Aristénète grec et l’Aristénète français. (_Ibid._,
t. XXIX, p. 25.)
Lettre contenant la dénonciation de plusieurs plagiats. (_Ibid._,
t. XXIX, p. 94.)
Lettre à Chardon de la Rochette sur la bibliographie. (_Magasin
encyclopédique_, 1799, t. III, p. 97.)
Lettre à Millin sur quelques articles du Magasin encyclopédique.
(_Ibid._, 1799, t. V, p. 79.)
Lettre au même sur un article relatif à dom Lieble. (_Ibid._,
1814, t. II, p. 369.)
Lettre sur la traduction de Plaute, par Levée. (_Ibid._, t. VI,
1815, p. 275.)
Lettre au sujet de la Notice nécrologique de Ripault. (_Revue
encyclopédique_, t. XXII, p. 766.)
Nombreuses lettres publiées depuis la mort d’Antoine-Alexandre
Barbier, dans le _Bulletin du Bibliophile_ et dans d’autres
recueils littéraires par les soins de son fils.
II. _Études bibliographiques._ Ce sont des dissertations et des
notices, dans lesquelles l’auteur a prouvé qu’il ne s’arrêtait pas aux
titres des livres, et qu’il envisageait toujours la bibliographie au
point de vue littéraire.
Catalogue des livres qui doivent composer la bibliothèque d’un
lycée; rédigé à la demande de Fourcroy. (_Paris, impr. de la
République_, an XII-1803, in-12 de 43 p.)
Préface et table des divisions du Catalogue des livres de la
bibliothèque du Conseil d’État. (_Paris_, an XI-1803, in-8 de 54
pages.)
Réponse à un article du Mercure de France relatif au Dictionnaire
des Anonymes. (_Paris_, 1807, in-8; réimprimé à la fin du t. IV
de la 1re édit. de ce Dictionnaire.)
Notice sur les éditions des Vies de Plutarque et du roman
d’Héliodore; traduits par Amyot. (A la suite du t. IV de la 1re
édit. du Dictionnaire des Anonymes.)
Articles insérés dans l’_Encyclopédie moderne_ de Courtin:
_Anonymes_, _Autographes_, _Bibliographie_, _Catalogue_.
Analyse du Mémoire de Mulot sur l’état actuel des bibliothèques.
(_Mercure de France_, t. XXVII, p. 33.)
Anecdote bibliographique sur les _Illustrium et eruditorum
virorum Epistolæ_. (_Magasin encyclopédique_, 1802, t. I, p. 235.)
--Sur le véritable auteur de la Connoissance de la mythologie.
(_Ibid._, 1801, t. I, p. 37.)
--Sur l’Histoire critique du Vieux Testament. (_Ibid._, 1803, t.
I, p. 295.)
Notice du Catalogue raisonné des livres de la bibliothèque de
l’abbé Goujet. (_Ibid._, 1803, t. V, p. 182, et t. VI, p. 139.)
Notice des principaux ouvrages relatifs à la personne et aux
ouvrages de J.-J. Rousseau. (_Annales encyclopédiques_, 1818, t.
IV, p. 1.)
Notice sur les dictionnaires historiques les plus répandus.
(_Revue encyclopédique_, t. I, p. 142.)
Notice sur la table des matières du Magasin encyclopédique.
(_Ibid._, t. I, p. 574.)
Notice sur les Recherches de Petit-Radel, relatives aux
bibliothèques et à la bibliothèque Mazarine. (_Ibid._, t. I, p.
575, et t. II, p. 360.)
Notice sur le Manuel du Libraire, de M. Brunet. (_Ibid._, t.
VIII, p. 154.)
Notice bibliographique sur les Lettres portugaises. (_Ibid._, t.
XXII, p. 707.)
État des différentes Bibliothèques publiques de Paris en 1805.
(Imprimé dans l’_Annuaire administratif et statistique_ du
département de la Seine, par P.-J.-H. Allard.)
Réflexions sur l’anecdote relative à la première édition de
l’Imitation de Jésus-Christ, traduite par l’abbé de Choisy.
(_Publiciste_, 16 prairial an XII.)
--Sur une édition rare de l’Exposition de la Doctrine de l’Église
catholique, par Bossuet. (_Journal des Débats_, 15 fructidor an
XII.)
Notice des principales éditions des Fables et des Œuvres de la
Fontaine. (Imprimé dans l’ouvrage de Robert, intitulé: _Fables
inédites des_ XIIe, XIIIe _et_ XIVe _siècles_, 1825.)
On grouperait dans ce volume d’études bibliographiques toutes les
notices qui se rapportent plus particulièrement à la bibliographie et à
la recherche des anonymes.
III. _Notices biographiques._ La plupart de ces notices tiennent
tellement à la bibliographie, qu’on pourrait les faire entrer dans le
volume précédent. Nous signalerons seulement les plus remarquables.
Notice sur la vie et les ouvrages de David Durand. (_Magasin
encyclopédique_, t. IV, p. 487; réimpr. avec des additions à la
fin du t. IV de la 1re édit. du _Dictionnaire des Anonymes_.)