La lecture de cette lettre me fit un plaisir ineffable que je me plus à
savourer quelque temps. Il fallut pourtant me tirer de cette délicieuse
rêverie et retourner dans ma cabane.
Mes amis étaient éveillés. Je me fis raconter les derniers jours des
bandits dans les plus grandes minuties. Ils avaient été plus diaboliques
encore dans leurs actions que le bon prêtre ne me l'avait dit.
Un jour un d'eux lui avait presque coupé un doigt avec ses dents pendant
qu'il lui présentait à boire, comme il le lui avait demandé.
Un autre jour, Rodinus l'assommait presque avec ses menottes pendant
qu'il avait le dos tourné.
Il n'y avait pas d'avanies, d'injures, de blasphèmes, d'obscénités de
toutes sortes que ce saint prêtre n'eût entendus de leurs bouches et
souffert avec une patience et une douceur angéliques.
Mais je tire le rideau sur ce hideux tableau pour revenir au plus vite à
ma chère enfant.