L'INGÉNIEUR FRANÇAIS

Comblez à demi le canal, supprimez le chemin de fer, et le paysage du

Sault-Sainte-Marie sera, aujourd'hui, à peu près semblable à ce qu'il

était en 1837.

Dans le village aussi, il nous faudra supprimer ces riantes maisonnettes

blanchies à la chaux, le Chippewa Hotel, un temple protestant construit

avec goût, une douzaine de magasins fort bien approvisionnés. Et quoi

encore? Ah! les trottoirs en planches qui bordent les rues, et le

pavillon, d'apparence quelque peu aristocratique, on se tient le mess

[12] des officiers de la garnison du fort Brady.

[Note: 12 Cantine ou pension.]

Au lieu et place de ces modernités, nous aurons des cabanes moins

élégantes, des voies passagères plus fangeuses ou plus poudreuses,

suivant la saison, et des groupes de wigwams, en peaux de bison, tout

autour de la localité.

Le nombre des Bois-Brûlés et des blancs ne sera pas aussi considérable;

mais la quantité des Peaux-Rouges sera double. La fanfare du coq

domestique ne réveillera point les habitants, mais, fréquemment encore,

les jappements du coyote, le beuglement du boeuf sauvage, le gloussement

de la poule des prairies, troubleront leur sommeil.

Si, sur la place publique, on voit déjà parader le soldat de l'Union

Fédérale, souvent, aussi, on y entend encore le terrible cri de guerre

de l'Indien.

Si, au pied des Rapides, la noire fumée des navires à vapeur se marie

rarement à la poussière argentée des ondes, des centaines de canots

d'écorce, dirigés par d'intrépides bateliers, sauteront journellement

les perfides écueils, au risque de se briser mille fois, et sans que

leurs conducteurs aient, un instant, souci du péril auquel ils

s'exposent.

A présent, des milliers de touristes vont, chaque année, par trains de

plaisir, visiter le Sault-Sainte-Marie. La civilisation, la police, le

luxe, l'ont envahi; la crinoline, c'est tout dire, y a porté ses

cerceaux.

Il existe,--qui l'eût cru, grand Dieu!--une gazette dans cette région

naguère si complètement ignorée, une gazette à prétentions spirituelles,

encore, le _Lake Superior Journal_. N'alléchait-elle pas, dernièrement,

les voyageurs, curieux de parcourir les merveilles de son site, par un

pompeux article, duquel nous détacherons cette ligne:

«As-tu jamais vogué sur une gondole à Venise?» n'est plus une

question. Maintenant, on demande sans cesse: «As-tu jamais sauté les

Rapides de Sainte-Marie, dans un canot d'écorce?» Quiconque est

capable de répondre affirmativement à cette intéressante question»,

peut se vanter d'avoir joui du plus agréable divertissement qu'il soit

possible de se procurer sur l'eau.»

Tout en faisant mes réserves pour la vanité de clocher qui a présidé à

la rédaction de cette réclame, j'avoue que le divertissement a quelque

chose de fascinateur comme l'abîme, et que la scène dont on jouit sur le

bord de la chute est fort émouvante. M. Pisani, qu'on ne saurait

accuser de partialité aveugle, en parle en ces termes:

«C'est un des plus beaux spectacles de l'Amérique. L'eau bouillonne et

tourbillonne comme si elle s'échappait du coursier d'une roue

hydraulique; seulement le coursier a quinze cents mètres de large et

quinze cents mètres de long. L'eau n'a guère plus que cinquante à

quatre-vingts centimètres, un mètre, au plus, au-dessus des rochers sur

lesquels et au milieu desquels elle bondit. Sans écumer précisément,

elle a une teinte blanchâtre très-prononcée qui contraste avec le bleu

profond de la rivière en amont et en aval de la chute. Dans certains

endroits où l'écartement des rochers et la grandeur de leurs dimensions

forment des enfoncements profonds, on voit se dessiner d'énormes vortex

d'une vitesse de rotation effrayante. Dans d'autres, la crête des

rochers dépasse les vagues qui semblent leur livrer un assaut furieux.

On dirait, par moments, que cette prodigieuse somme de force vive

appartient à quelque être animé, faisant des efforts désespérés pour

entraîner ces petits points noirs, immobiles et inébranlables, alors que

tout a cédé autour d'eux. Le fracas de ce bouillonnement immense est

assourdissant, quoique nul écho ne soit renvoyé par les noires forêts de

sapins qui couvrent les rives plates et noyées du fleuve.»

On de ces vortex ou entonnoirs, comme, dans son langage éloquemment

figuré, les appelle le peuple canadien-français, a reçu le nom de Trou

de l'Enfer [13].

[Note 13: Ce nom est fort commun en Amérique pour designer les abîmes.

L'enfer et le diable jouent un grand rôle dans la nomenclature des

épouvantails populaires.]

Il s'ouvre à une portée de fusil du village, entre deux chicots, dont

l'un, pointu comme une aiguille émerge à trois pieds de la surface de

l'eau, et l'autre forme un bloc de granit empâté dans le rivage.

Ce bloc peut avoir quatre mètres d'élévation: il est couronné par une

plate-forme étroite, du haut de laquelle on plane sur la cataracte.

Une distance de trois à quatre pas au plus sépare les deux rocs.

C'est dans cet intervalle que les eaux se précipitent et roulent sur

elles-mêmes avec une rapidité vertigineuse et un vacarme particulier,

caverneux, qui domine le bruit général de la chute. Nonobstant son

étroitesse, le Trou de l'Enfer est fatal à toute créature vivante que le

sort lui a jetée.

La tradition lui prête un nombre de victimes incroyable; et ces

victimes, rarement il les rend,--sinon broyées, hachées--cadavres

informes, méconnaissables.

Malheur à qui l'affronte, malheur à qui ne le sait éviter!

La sinistre renommée qu'il s'est acquise, le Trou de l'Enfer l'avait

déjà en 1837.

Cependant, malgré la terreur dont il était entouré et le peu de sécurité

que paraissait offrir le rocher qui lui sert de margelle du côté de la

rive,--car ce rocher semble frémir sans cesse sous les pieds--en

1837, comme de nos jours, c'est à cet endroit que les curieux venaient

contempler les Rapides.

Par une belle et piquante matinée du mois de mai de cette année-là, sur

la Pierre-Branlante,--ainsi la désignent les habitants du

Sault-Sainte-Marie,--un jeune homme, grossièrement mais confortablement

vêtu d'un paletot et d'un pantalon de drap noir, d'une casquette de même

étoffe, retenue sous le menton par un cordon et de fortes guêtres en

peau, qui lui montaient jusqu'au-dessus du genou, considérait d'un oeil

attentif le panorama déployé devant lui.

Ce personnage n'était pas beau, dans l'acception vulgaire du mot; mais

la franchise, le courage respiraient dans sa physionomie hautement

intelligente.

De longs cheveux noirs bouclés ondulaient librement sur ses épaules à la

brise du matin.

Il portait une barbe de même couleur, courte et bien fournie, que

caressait souvent sa main gauche. Dans la droite, il tenait un marteau

de géologue, armé d'une hachette qui flamboyait aux rayons du soleil

levant.

A sa tournure, à son costume, il était facile de voir que ce jeune homme

était étranger au pays.

Une riche contrée--murmurait-il en bon français;--et penser que nous

l'avons perdue... perdue par notre faute!... qu'elle appartient

maintenant en partie à nos mortels ennemis les Anglais, dont le drapeau

flotte triomphalement de l'autre côté de cette rivière! Ah s'il était

possible de reconquérir...

A cette pensée, il se prit à sourire.

--Allons, Adrien, continua-t-il gaiement, es-tu fou, mon ami? Toi,

expulsé de l'École polytechnique pour insubordination la dernière année

de ton cours, au moment de passer officier dans le Genie; toi, obligé

de t'engager dans un régiment de Dragons et parvenu à grand'peine au

grade de Maréchal-des-logis-chef au bout de sept ans de service; toi, à

présent, simple ingénieur d'une compagnie en embryon, tu rêverais de

batailles, de victoires!... Laisse là les affaires politiques, mon ami.

Tu as passé la trentaine. Assez de bêtises comme ça. Songe à faire tout

doucement ton bonhomme de chemin...

Un instant après, il ajouta, en se frappant sur la poitrine:

--Ça ne fait rien! On est toujours Français, même en Amérique; et quand

on voit tout ce que nous possédions, tout ce que ces coquins d'Anglais

nous ont volé...

Comme il en était là de son monologue, l'apparition d'un canot qui

s'engageait dans les Rapides changea le cours de ses idées.

Ce canot d'écorce blanche, orné de figures rouges et bleues, était monté

par un Indien.

Le malheureux! Mais il va se suicider s'écria Adrien, ignorant encore

que, d'habitude, les Peaux-Rouges sillonnent dans leurs frêles esquifs,

avec la légèreté de l'oiseau, ces abîmes inexorables.

Il venait de pousser cette exclamation, quand le canot, saisi par un

courant, fut entraîné dans le Trou-de-l'Enfer, où il évolua cinq ou six

fois, en décrivant des cercles de plus en plus étroits, de plus en plus

rapides, et s'enfonça pour ne reparaître jamais.

Le drame ne dura pas vingt secondes.

Un moment épouvanté, sentant frissonner sous lui la roche sur laquelle

il se tenait, Adrien avait fermé les paupières, croyant que le cercueil

liquide allait s'ouvrir encore pour le recevoir et l'engloutir avec le

canot qu'il avait vu submerger si promptement.

Prolongée, cette hallucination eût pu être funeste au jeune homme. Par

bonheur, elle fut passagère comme la cause qui l'avait produite.

Adrien rouvrit les yeux.

Ses regards se portèrent machinalement, quoique avec effroi, sur le

gouffre.

D'abord, il ne vit rien, n'entendit rien que le grondement des eaux en

furie.

Mais bientôt, au milieu des flots, il aperçut une tête, puis l'extrémité

supérieure d'un corps humain cramponné au rocher, vis-à-vis et à

quelques pas de lui.

Le malheureux s'épuisait en efforts pour résister au tourbillon qui,

comme un serpent affamé, lui serrait les reins, les cuisses, les jambes

dans ses anneaux multiples.

Cet infortuné, c'était l'Indien.

Il ouvrait la bouche toute grande, il criait, il implorait du secours;

cela se voyait, cela se comprenait, mais cela n'arrivait pas aux

oreilles.

Adrien était brave.

S'il eût pu sauver la victime au péril de ses jours, il l'eût fait, il

se fût jeté à la nage.

Il n'y fallait pas songer. Au lieu d'une proie, l'abîme en aurait dévoré

deux.

Courir au village! Le temps ne pressait-il pas trop Adrien cherche,

cherche autour de lui. Il n'y a pas une planche, pas une perche!

Inspiration du ciel! Voici un bouleau qui a crû, en ligne diagonale,

dans une anfractuosité de la Pierre-Branlante, au-dessus du

Trou-de-l'Enfer. L'arbre est grand, pas très-gros. Adrien se glisse à la

racine. D'une main il se tient au rocher, de l'autre il porte avec sa

hachette de vigoureux coups au bouleau, qui fléchit, se penche,

chancelle, tombe transversalement dans les Rapides.

--Gare! crie le jeune homme, sans songer à l'inutilité de cet

avertissement.

Sa voix se perd dans le roulement de la cataracte.

Cependant le bouleau, tranché aux trois quarts, reste attaché, à son

pied, par des ligaments, tandis que, accroché par les branches aux

écueils des Rapides, son tronc forme une passerelle sur le

Trou-de-l'Enfer.

Mais, en s'abattant, quelques rameaux ont atteint l'Indien que l'on ne

distingue plus.

Adrien s'élance sur l'arbre. Il arrive à l'endroit où le sauvage a été

immergé.

Une de ses mains apparaît encore crispée au rocher.

Dubreuil casse les branches du bouleau, s'agenouille sur son pont

improvisé, tend le bras, saisit cette main, et, déployant toute sa

vigueur, il ramène à la surface la tête et le buste du Peau-Rouge.

Mais celui-ci est affaibli, brisé par la lutte effroyable qu'il a

soutenue, qu'il soutient encore.

Du geste, plutôt que de la voix, le Français l'encourage, tandis que,

lui passant les bras autour de son cou, il s'arcboute, se relève peu à

peu, et finit par le tirer entièrement de l'entonnoir.

Sauvé! J'en remercie Dieu! dit le brave Adrien, en s'essuyant le front,

après avoir déposé le sauvage sur la tête du bouleau, dont une partie

seulement trempe dans la rivière.

Comme il murmurait cet acte de reconnaissance, l'arbre, resté

jusque-là à peu près immobile, s'ébranle.

Les filaments qui l'assujettissaient à sa racine ont cédé sous le poids

des deux hommes: ils s'allongent! Ils rompent!

Le Trou-de-l'Enfer hurle déjà plus fort: plus vite, plus vite et plus

vite il roule ses mortelles spirales. Dans un froid linceul

ensevelira-t-il donc deux cadavres au lieu d'un?

L'Indien est là, impassible, résigné. Ses lèvres remuent.

Sans doute il a entonné un chant de mort.

Pauvre Adrien! il songe à sa mère, à sa bonne et tendre mère qu'il ne

reverra plus, qui jamais, non, jamais, ne saura sa misérable destinée!

A elle! a elle la digne et vertueuse femme, sa pensée suprême! car le

dernier lien qui retenait le bouleau à la rive s'en est séparé et déjà,

l es vagues entraînent le tronc!

Mais non; ils ne périrons, pas. La Providence ne le permettra point.

Elle étend sur eux une main protectrice.

En glissant contre le rocher, le bout de l'arbre, coupé en biseau,

rencontre une fente, il s'y arrête, s'y encastre. Et, loin de le

desceller, les flots rageurs ne font que l'enfoncer plus profondément

dans cette mortaise naturelle.

Moins d'une minute après, Adrien et son compagnon sont sur le rivage.

--On m'appelle Shungush-Ouseta, dit l'Indien au Français; si jamais

mon frère a besoin d'un bras pour le servir, qu'il se souvienne de ce

nom.

--Comment, vous parlez ma langue? demanda Adrien.

--C'est la langue des vaillants.

--Merci du compliment!

--Dans ma famille, la plus puissante des Nadoessis, tout le monde la

parle et l'écrit.

--Vous écrivez aussi le français!

Une Robe-Noire [14] l'apprit à mon grand-père, qui nous donna le secret

de cette grande médecine.

[Note 14: Missionnaire.]

--Mais pourquoi vous exposiez-vous au milieu de ces récifs dangereux?

--Mon frère n'est-il donc pas Canadien?

--Non; je suis Francis, répondit Adrien avec une nuance de vanité.

--Français de la vieille France? reprit le sauvage d'un ton surpris.

--Oui, de la vieille France.

Shungush-Ouseta (le Bon-Chien) attacha sur son interlocuteur un regard

de respectueuse admiration; puis, se mettant à genoux devant lui:

--Mon frère, dit-il en tremblant d'émotion, me fera-t-il l'amitié de me

donner la main?

--Comment! s'écria Adrien surpris, mais c'est avec le plus grand plaisir

que je serrerai la vôtre, mon brave. Seulement, relevez-vous, je n'aime

pas les gens dans une posture semblable. Mais le Nadoessis, prenant la

main du Français sans changer d'attitude, la baisa révérencieusement.

Puis il dit en contemplant Dubreuil avec une sorte d'adoration:

--J'aime mille fois le jour où je t'ai rencontré, mon frère, car j'ai

constaté que ta nation est aussi hardie aussi adroite que me l'avait

dépeinte mon grand-père. Maintenant que j'ai vu un Français, un Français

de la France, je n'ai plus rien à désirer.

--Mais ne restez pas ainsi prosterné devant, moi, je ne suis pas une

idole! s'écria l'ingénieur, ne sachant trop s'il devait rire ou se

fâcher. Shungush-Ouseta se leva.

--Comment, se porte notre chef, le Soleil? Pour le coup, Adrien crut

avoir affaire à un fou.

--Je ne comprends pas, fit-il en secouant la tête.

Le Nadoessis sourit d'un air fin.

--Mon frère, dit-il, craint que je ne sois un traître, mais, ni moi ni

les miens n'avons accepté la violence des Habits-Rouges ou des

Longs-Couteaux [15]; moi et les miens nous sommes restés fidèles à la

France. Et toujours nous la servirons, elle et ses enfants [16].

[Note 15: Les Anglais et les Américains.]

[Note 16: L'amour des Indiens de l'Amérique septentrionale pour les

Français est si vrai, si profond, que nos rivaux eux-mêmes n'ont osé le

contester, je le rappelle avec un légitime sentiment de fierté

nationale. Ainsi, à l'époque de la conquête du Canada par les Anglais,

en 1762, un de leurs officiers, le lieutenant Henry Timberlake écrivait

«A mon arrivée dans le pays des Cherokees, je remarquai chez ce peuple

un vif attachement pour les Français. Cette dernière nation a le talent

de se concilier l'affection de presque tous les Indiens avec lesquels

elle a des rapports, par les charmer de cette politesse qui coûte si peu

et qui est quelquefois si utile, et par son attention à se conformer aux

moeurs et a ne pas froisser le caractère de ces tribus, tandis que le

SOT ORGUEIL de nos officiers n'a souvent d'autre effet que de les

rebuter... Quelques années auparavant, un officier de la Compagnie de la

baie d'Hudson, J. Robson, déclarait qu'au bout d'un siècle la France

posséderait toute l'Amérique septentrionale, si grande était, en ce

pays, l'horreur du nom anglais. Voyez _An Account of six years residence

in Hudson Bay_, par Joseph Robson. Je pourrais citer vingt témoignages

semblables tant anglais qu'américains.]

En même temps, le Bon-Chien tirait de son capot une large médaille,

pendue à son cou par un cordon de cuir.

--Elle vient de nos ancêtres; c'est l'héritage du fils aîné dans ma

famille, dit-il avec orgueil en la montrant au Français.

Celui-ci ne fut pas peu étonné de remarquer, sur cette médaille,

l'effigie de Louis XIV, gravée en relief, dans un nimbe de rayons de

soleil.

A la pile on lisait:

DONNÉE PAR NOUS,

LOUIS XIV, ROI DE FRANCE NAVARRE

ET

AMÉRIQUE,

AU

BRAVE CHEF DES NADOESSIS.

C'était, en effet, un des symboles que les anciens gouverneurs français

du Canada remettaient aux sagamos indiens quand ceux-ci avaient rendu

des services à notre gouvernement. Adrien saisit alors le sens de la

question que Shungush-Ouseta lui avait faite par rapport à la santé du

«chef, le Soleil.»

Le soleil ne mourant pas, l'Indien croyait que Louis XIV vivait encore

et éclairait le monde de sa lumière.

--Qui vous a donné, cette médaille? demanda-t-il.

--Mon père qui l'avait reçue de son père, qui...

A ce moment, une voix agaçante, comme le grincement d'un méchant couteau

coupant du liège se fit entendre.

--Ah! par exemple! vous voilà dans un joli état, mar'chef! J'en aurai

des maux pour astiquer votre fourniment.

Peaux-rouges et Peaux-blanches · 第 11 / 62 题