André Laurel quitta la table avant la fin du dîner, pris d’un malaise au
milieu de ces bourgeois graves et vertueux. Personne ne lui avait
adressé la parole. Seule, Myrrha l’avait un moment regardé avec
compassion. Il devinait qu’on connaissait maintenant son histoire.
L’hostilité à son égard était manifeste. Il n’en souffrait pas; au
contraire, il éprouvait une exaltation de sa personnalité à se sentir
ainsi frappé d’ostracisme, relégué dans le fier isolement de sa pensée.
Il monta sur le pont. Une rumeur confuse s’élevait par instants. Les
bœufs meuglaient. Dans les intervalles de silence, la mélodie gémissante
d’un accordéon adoucissait le crépuscule, puis s’éteignait lentement
comme une plainte résignée.
Le jeune homme promena un moment ses regards à l’entour, aspirant avec
ivresse les senteurs vivifiantes que soufflait le grand large. Un besoin
de confier son rêve, de s’épancher dans une sympathie humaine le saisit
tout à coup. Il se dirigea vers l’avant du navire où étaient situées les
troisièmes classes. A mesure qu’il avançait, les bruits devenaient plus
distincts, l’atmosphère bourdonnait comme à l’approche d’une grande
cité. Et il s’arrêta soudain devant un spectacle digne d’une éternelle
pitié.
Il y avait là des centaines d’émigrants, de tous pays, parlant toutes
les langues, mêlant leurs costumes disparates et bariolés. Parias de la
civilisation que l’inexorable concurrence, le flot de la misère
rejetaient de la vieille Europe et qui trouvaient le courage d’affronter
une existence nouvelle, au delà des mers. Des familles entières,
groupées autour des paniers de provisions, se serraient pour affermir
leur solidarité devant l’inconnu redoutable du lendemain. Des seins
flétris, allaitant les derniers nés, attestaient la fécondité lamentable
des meurt-de-faim. Les hommes, debout, interrogeaient l’horizon comme
pour pénétrer le destin caché là-bas, dans les brumes opaques
qu’amassait la nuit tombante. L’inquiétude assombrissait quelques
fronts. Mais la plupart étaient gais, enivrés d’une espérance, résolus
au suprême effort, la volonté tendue vers le mystérieux lointain. Si
noir était le passé que l’incertitude même de l’avenir apparaissait
radieuse. Il y avait dans presque tous les regards le rayonnement de
l’illusion. Parmi les cris des marmots, éclataient des voix ardentes,
des rires joyeux, des chants d’allégresse. Un Italien jouait de
l’accordéon; une jeune Espagnole dansait, resplendissante de beauté, de
grâce et de passion... C’était une cacophonie merveilleuse où les sons,
les voix, les âmes se confondaient, se soutenaient dans un besoin de
fraternité humaine, un formidable salut à l’espérance.
Où allaient tous ces pauvres êtres? Trouveraient-ils en d’autres mondes
une existence moins cruelle? La plupart ne faisaient que changer leur
malheur d’épaule, et c’était là peut-être l’unique cause de tant
d’allégresse.
Mais un chant bizarre, qu’il n’avait jamais entendu, un chant dolent,
monotone comme l’infini, vague comme la plainte du vent dans le désert,
lointain comme la fatalité et qui, plus que tout, exprimait le néant des
volontés humaines, la soumission au destin, arrêta l’attention d’André
Laurel.
Il se retourna et vit un musulman. Il aurait cru que ce chant venait de
très loin, des espaces incommensurables, et le chanteur était là, tout
près. C’était ce musulman. Assis, les jambes croisées, dans une
immobilité de pierre, il jetait sa complainte lente à l’immensité. Son
regard immuable ne voyait rien, ne disait rien, qu’une insouciance
dédaigneuse, un détachement universel, l’acceptation passive d’une force
secrète et souveraine qui dirigeait le monde vers des fins ignorées et
contre laquelle luttait inutilement toute l’énergie des hommes.
Il s’appelait Si-Mohamed; c’était tout ce qu’on savait de lui. Son
silence même révélait son mépris pour tous ces gens qui travaillaient,
s’agitaient, s’inquiétaient, ces Européens ambitieux, avides d’argent ou
de gloire, et qui faisaient de leur vie une éternelle bataille... Est-ce
qu’on ne mourait pas aussi dans leurs pays? Le grand mouvement d’action
qui entraînait le monde civilisé lui semblait aussi vain que les lames
de l’océan se brisant contre les rochers et s’envolant en poussière
d’eau. Pourquoi tant de hâte et vers quel but?... Il n’avait, lui, pour
répondre à tout, que deux mots: _Rabi Gibou, Mektoub_. Le premier le
dispensait d’agir et de prévoir, le second de rien regretter; l’un
signifiait: Dieu y pourvoira; l’autre: c’était écrit.
André Laurel, en présence de ce personnage, sentit un moment sa foi
chanceler. Celui-là n’était-il pas le seul sage qui ne tentait pas de
résister, qui opposait aux événements la sérénité du fataliste? Que
pesaient nos calculs, nos prévisions, auprès de l’immense inconnu? Le
terrible «_à quoi bon?_» le traversa comme un frisson, et il s’éloigna
en s’efforçant d’arracher de son cœur les premières racines qu’y
poussait le scepticisme.
Au milieu d’un groupe, se dressait la stature colossale de Marzouk, le
champion des luttes à mains plates. Il racontait d’une voix rageuse
comment on l’avait chassé tout à l’heure du salon des premières, où il
s’était aventuré sans savoir: et il en décrivait le luxe, la splendeur
dorée. Rien n’était trop beau pour les bourgeois. Eux, les émigrants, on
les parquait là, comme un troupeau de bétail... Ah! quand donc les
misérables se révolteraient-ils? Ils étaient les plus nombreux, les plus
forts. Ils n’avaient qu’à vouloir, ils s’empareraient du navire, ils
seraient les maîtres... Comme on ne l’écoutait pas, il se tut, l’air
sombre et farouche d’une brute domptée, prise par les liens de fer d’une
formidable organisation sociale.
André Laurel s’en revint lentement. Il était anarchiste aussi, mais
d’une autre façon que Marzouk. Les paroles de haine et de vengeance
troublaient sa généreuse conception d’un monde selon son cœur, affranchi
des vieilles servitudes, des codes, des lois, de toute autorité. Les
soupirs du grand large et le remous des flots se brisant contre les
flancs du paquebot, adoucissaient sa rêverie naïve, où irradiait, dans
les lointains de l’idéal, l’ère de liberté et de fraternité universelle.
L’accordéon, au loin, avait cessé sa mélodie dolente. La nuit maintenant
était tout à fait tombée, une de ces nuits ardentes et calmes du mois
d’août où la lune apparaît tard. L’_Eldorado_ n’était plus qu’une grande
masse d’ombre fuyant dans l’obscurité phosphorescente. Seul, le salon
des premières resplendissait.
C’était l’heure du thé. Plusieurs passagers s’étaient déjà retirés dans
leurs cabines; les autres s’attardaient à causer, confortablement assis
autour de la longue table. Par un coin de rideau levé, André Laurel se
prit à observer ces bourgeois que sa présence scandalisait; il ne lui
parut pas que les émotions du voyage eussent haussé d’un degré le ton de
leurs pensées familières. Leurs faces veules exprimaient la satiété, la
paresse de vivre, l’ennui d’une existence rance, que traversaient
seulement des éclairs de luxure.
Il détourna les yeux et se remit à errer, en proie à cette vague
exaltation que soulèvent dans l’âme les soirs de rêve. Il y avait çà et
là des coins de silence et de mystère. On n’entendait que le bruit sourd
et cadencé de la machine, imprimant au navire une trépidation continue.
Une silhouette fine glissa dans les ténèbres. C’était Myrrha dans une
toilette toute blanche. Elle alla s’accouder sur le bastingage, à
l’arrière du pont, et demeura là, immobile, fascinée par le sillage
d’argent que créait le tournoiement de l’hélice et que des reflets
lumineux criblaient de perles d’or. Une autre ombre parut, s’approcha,
une voix murmura: «Myrrha, c’est toi? Je te cherchais partout... Quelle
imprudence! Tu sais bien que le docteur t’a défendu... Ne crains-tu pas
de prendre mal?... Viens, je t’en supplie.--Non, laisse-moi,
répondit-elle, je vais très bien, je suis heureuse, il fait si bon, ce
soir!» Il y eut encore des phrases échangées; puis la vieille parente,
lasse d’insister, se retira; la jeune fille resta seule. André Laurel
fut tenté de l’aborder. Quelque chose de mystérieux et de doux
l’attirait vers elle, l’intuition d’une pensée proche de la sienne. Mais
la crainte d’être indiscret et cette timidité qui naît d’un sentiment
plus profond que le désir le retinrent sur place, l’âme soulevée d’une
émotion inattendue.
Près de là, un chuchotement doux se percevait à peine. C’étaient Armand
Reboul et Mme Rolande qui causaient.
--Malheureux, disait-elle, qu’avez-vous fait? Oh! quelle folie! Que vous
me rendez malheureuse!... Ne craignez-vous pas de me perdre?
--Pardonnez-moi, balbutia-t-il, je vous aime. La vie sans vous m’était
si amère!... Ma folie est d’avoir voulu réparer l’injustice du destin
qui nous a séparés, quand nous étions faits l’un pour l’autre.
--Il est trop tard, soupira-t-elle. Je ne suis plus libre...
Qu’attendez-vous de moi? Que je trompe mon mari, que je trahisse mes
devoirs, que je me jette dans une aventure dont nous ne pouvons prévoir
l’issue?... Non, mon ami, on ne recommence pas la vie, à mon âge, on ne
se libère pas ainsi du passé, il nous enchaîne par trop de liens, trop
de souvenirs, trop d’obligations.
--Qu’importe, dit Reboul d’une voix ardente, si nous nous aimons!
Qu’importent ces liens, ces devoirs que nous impose un ordre social
hypocrite, si nous nous suffisons à nous-mêmes!
--Mon ami, répondit Mme Rolande, êtes-vous sûr que nous serions heureux?
N’avez-vous pas assez vécu déjà pour savoir que l’idéal réalisé est
souvent tout près du malheur? Je ne puis douter de votre sincérité, la
preuve que vous m’en donnez est trop grande, mais quand on aime, on
n’imagine pas qu’on pourra ne plus aimer, et c’est le caractère de la
passion de se croire éternelle... Vous dites que nous étions faits l’un
pour l’autre. Supposez que vous m’ayez épousée; nous aurions aujourd’hui
dix ans de ménage, et vous ne me tiendriez pas le même langage. Nous
serions peut-être maintenant de bons amis, et ce serait bien beau; peu
de mariages d’inclination finissent aussi bien.
--Comme vous me parlez, murmura-t-il, que vous êtes cruelle, que vous me
faites souffrir à votre tour!
--Je vous parle en femme sensée, répondit-elle, et qui voudrait vous
épargner dans l’avenir le remords d’une irréparable folie, dont je
serais justement châtiée, car j’en aurais été cause. Les erreurs que les
hommes nous pardonnent le moins sont celles que nous n’avons pu les
empêcher de commettre. Puisque vous êtes les plus forts, il faut bien
que nous soyons les plus sages... Ouvrez les yeux, remarquez tous ces
couples qui semblent traîner avec lassitude la chaîne qui les unit; la
plupart se sont aimés autrefois, avaient cru qu’ils étaient nés l’un
pour l’autre, et ils étaient aussi sincères que vous l’êtes en ce
moment; mais les années ont passé, l’illusion s’est dissoute, l’intimité
a séparé ces deux êtres que l’éloignement avait rapprochés, qui
croyaient se comprendre parce qu’ils s’ignoraient... Permettez-moi donc,
mon ami, de ne pas briser votre avenir. Si vous m’en croyez, vous
reviendrez en France par le prochain courrier. Cette traversée ne vous
en paraîtra que plus charmante, car il n’est pour l’amour-propre de plus
grande satisfaction que d’avoir échappé à une faute. Vous aurez fait un
très beau voyage, vous aurez vu des pays nouveaux, et vous m’en garderez
un bon souvenir. Puis, vous raconterez plus tard à vos amis une aventure
romanesque qui avait pu si mal finir et qui se sera dénouée à la façon
d’un aimable vaudeville.
--Si tout le monde raisonnait ainsi, dit Reboul, on fuirait toujours le
bonheur, sous prétexte qu’il ne saurait être éternel... Non, ce n’est
pas cela qui vous retient, mais tous les vains préjugés sociaux, la peur
de l’opinion et le respect d’une morale qui vous rend prisonnière d’un
homme que vous n’aimez pas, car, je le sais, vous avez été mariée contre
votre gré.
--Et vous voudriez m’affranchir? dit-elle avec une nuance d’ironie.
--Oui, d’une erreur qu’une loi inhumaine prétend rendre définitive...
N’a-t-on pas le droit de se tromper, et ce droit ne comporte-t-il celui
de réparer l’erreur, quand elle est reconnue?
--Mon ami, répliqua Mme Rolande, permettez-moi de ne pas penser comme
vous. Je redoute cette liberté que vous envisagez comme le plus précieux
des biens. Qui sait quel usage nous en ferions et que de maux en
naîtraient? Ah! nous regretterions bientôt cette morale surannée et
cette servitude qui vous pèsent, car la liberté absolue que vous rêvez
engendrerait une servitude pire... Félicitons-nous de ces chaînes que
nous sommes impatients de rompre et qui nous libèrent peut-être.
--Moi, dit Reboul, je maudis tous ces liens qui nous empêchent de vivre
notre vraie vie. Pourquoi vous rendre esclave du passé? Il est une
morale supérieure aux lois, aux préjugés, c’est celle qui nous commande
de saisir le bonheur qui s’offre à nous. Ce serait une affreuse
injustice qu’après vous être donnée à un homme que vous n’aimiez pas,
vous ne puissiez plus accepter un amour vrai, sincère et profond.
--N’attendez pas de moi, mon ami, répliqua-t-elle, le bonheur que vous
vous promettez, il serait de trop courte durée. Je ne suis plus à l’âge
où la passion a l’excuse de la jeunesse et de l’ignorance.
--Je vous aime, reprit-il d’une voix frémissante, je n’ai vécu que pour
vous. Sans vous, il n’est plus pour moi d’existence acceptable... Je
vous adorerai, vous serez mon culte éternel.
--Enfant! soupira-t-elle, vous me maudiriez bientôt, si j’avais la
faiblesse de vous céder. J’ai quelques années de plus que vous, j’ai
trop vécu pour partager vos illusions, vos rêves romanesques... Vous
cesseriez bien vite de m’aimer!
--Jamais, je vous le jure!
--Les serments d’amour reposent sur du sable... Oubliez-moi, je vous en
conjure! Il est tant d’autres femmes plus jeunes, plus belles et qui
sont libres!
--Il n’est pas en mon pouvoir de renoncer à vous.
D’une voix douce, tranquille et comme irrévocable, elle prononça:
--Soyons amis, rien qu’amis. Cela pourra durer toujours, et nous
n’aurons jamais ni regret, ni déception, ni remords.
Elle retira sa main qu’il avait prise et qu’il pressait sur ses lèvres.
La lune s’était levée, répandant à l’entour une clarté indiscrète. Ils
parlaient plus bas, on ne distinguait plus qu’un confus murmure.
André Laurel s’éloigna; ses pas le ramenèrent à l’avant du navire, dans
le quartier des émigrants.
Beaucoup, enveloppés de couvertures, dormaient là, sur le pont, à la
belle étoile et à la dure, comme sur un champ de bataille. Des
ronflements, des souffles lents et pénibles, semblables à des râles,
aggravaient le silence jusqu’au tragique.
Le long du bastingage, une ombre errait, d’une allure suspendue de
fantôme, dans cette solitude vivante, comme une âme inquiète et
mélancolique veillant sur le sommeil de cette humanité misérable.
Parfois, elle s’arrêtait, prenait en grandissant une raideur spectrale.
Et, brusquement, la lune rougeoyante éclaira un maigre profil de femme,
un de ces visages où le destin a mis son baiser inexorable. La bouche
avait gardé dans ses plis la trace d’un sourire machinal et
professionnel, tandis que le regard très las révélait une expérience
résignée des choses. Sa chevelure dénouée, coulant sur les épaules,
accentuait l’air d’abandon et de renoncement qui suintait de sa
personne; tout en elle annonçait l’exilée, la flétrie, douloureuse de
tous les vices dont l’alluvion avait passé sur elle, de toutes les
peines et de tous les remords qui avaient, un instant, bu sur ses lèvres
la volupté de l’oubli.
On la nommait Lola. C’était une de ces pauvres filles, usées déjà dans
les travaux forcés à perpétuité de l’amour, et qu’un trafic infâme
envoie, de par le monde, peupler les bagnes de la prostitution.
André Laurel s’approcha.
--Bonsoir, dit-il simplement.
Elle répondit de même, méfiante d’abord:
--Bonsoir.
--Où allez-vous? questionna-t-il.
--A Buenos-Ayres... Et vous?
--Moi, je ne sais... A Buenos-Ayres ou ailleurs, peu m’importe, pourvu
que ce soit loin, très loin. Je m’arrêterai là où l’atmosphère me
semblera respirable... J’ai quitté la France et ma famille pour
toujours.
Elle le regarda, surprise, intéressée tout à coup, moins par ce qu’il
disait que par son accent de sincérité, sa figure fine et distinguée,
d’une touchante jeunesse qui contrastait avec le ton désabusé de ses
paroles.
--Pour quelle cause? demanda-t-elle.
--Parce que j’en avais assez!
--De quoi?
--De leurs mensonges, de leurs masques, de toute l’hypocrisie sociale.
--Vous êtes un révolté?
--Oui. Il n’y a de dignité vraie et de grandeur que dans la révolte. Je
ne veux pas me soumettre, être lâche: je veux être libre et vivre selon
ma conscience.
--C’est donc que vous êtes riche?
--Non.
--Pourtant, vous êtes, comme on dit, un fils de famille. Ça se sent...
Alors, ce sont vos parents qui ont du bien?
--Qu’ils le gardent. Je gagnerai ma vie.
Elle l’interrogea de nouveau et il en vint à tout dire, son histoire
entière et ses rêves d’apôtre. Elle l’écoutait, silencieuse et grave, en
le fixant de ce regard qui dénonçait une science inquiétante des choses.
--Gosse! gosse! fit-elle enfin, envahie d’une pitié subite. Va, retourne
chez toi... Quoi que tu veux faire? Changer le monde? Faudrait voir
d’abord à changer le cœur des hommes!... L’anarchie, la société sans
loi, sans gendarmes, que tu rêves, ah, oui! ça ferait du propre!...
Pauvre petiot, t’as trop de sentiment, tu serais trop malheureux, tu ne
connais pas les hommes. Va, gosse, rentre dans ta famille, qui sera bien
contente de te dorloter encore. C’est un bon conseil que je te donne.
Et elle disparut, le laissant là, obstiné et songeur.