Le gouvernement de l'église est-il arbitraire? Le Pape peut-il, par des
motifs d'affaires temporelles, refuser son intervention dans des
affaires spirituelles?
Il est hors de doute que, depuis un certain temps, la cour de Rome est
resserrée dans un petit nombre de familles; que les affaires de l'église
y sont examinées et traitées par un petit nombre de prélats et de
théologiens pris dans de petites localités des environs, et qui ne sont
pas à portée de bien voir les grands intérêts de l'église universelle,
ni d'en bien juger.
Dans cet état de choses, convient-il de réunir un concile?
Ne faudrait-il pas que le consistoire, ou le conseil particulier du
Pape, fût composé de prélats de toutes les nations, pour éclairer Sa
Sainteté?
En supposant qu'il soit reconnu qu'il n'y a pas de nécessité de faire
des changemens dans l'organisation actuelle, l'empereur ne réunit-il pas
sur sa tête les droits qui étaient sur celles des rois de France, des
ducs de Brabant et autres souverains des Pays-Bas, des rois de
Sardaigne, des ducs de Toscane, etc., soit pour la nomination des
cardinaux, soit pour toute autre prérogative?